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24 janvier 2021 7 24 /01 /janvier /2021 07:17

 

PCF VICTIME  DE LA CRISE OU REPONSE A LA CRISE ? VICTIME PARTICULIERE DANS UNE SOCIETE VICTIME TOUT ENTIERE ?

 

Le PCF, destiné à être un outil de réponse à la crise générale mondialisé du capital, risque-il, dans l’état des hommes et des forces sociales qui le composent, d’en être une des principales victimes. C’est en tout cas ce que souhaitent ses adversaires arguant de ses reculs depuis des décennies malgré son implantation locale vivante et ses élus locaux et nationaux, par exemple.

Auquel cas il faudrait bien un autre outil pour cette réponse.

- à la baisse tendancielle du taux de profit.

- à la suraccumulation-dévalorisation du capital.

- au besoin de la transformation sociale qualitative qu’elle induit.

- au processus de civilisation que cette transformation demande.

 « …La finance écrase l’industrie… … du moins à son âge classique, l’enrichissement capitaliste pouvait-il mettre à son actif le développement des forces productives du genre humain ; devenant avant tout synonyme d’une frénétique accumulation financière, il rentre dans l’ère de l’absurde. C’est pourquoi le monde du capital universalisé tend vivement à nous enfermer quant à la finalité de notre destin historique dans ce dilemme idéologique désespéré : soit l’acceptation du sens théologique à tant d’égard inacceptable que ne renoncent pas à vouloir nous imposer des religions où ne sont pas rares les dérives intégristes, soit la résignation au non-sens existentiel à quoi incite le cynisme amoraliste qui tient lieu d’âme à la classe dominante…. … Notre destin d’espèce devenu histoire du genre humain a une fin en soi, à la fois seule possible et parfaitement réelle : c’est le plein développement de l’humain… … Très significativement, la crise historique radicale dans laquelle est entré le système capitaliste est en son fond même une crise de finalité : l’accélération à tendance exponentielle des moyens dont se met à disposer le genre humain a pour envers terrifiant une perte généralisée de but humainement partageable ; là est le drame terriblement palpable du XXIème siècle commençant : la pensée marxienne de l’humanisation universelle comme seule fin en soi de notre longue marche est ici de première nécessité… »

Lucien Sève. « Penser avec Marx aujourd’hui ». 2014. Tome III. Chap. « Les catégories ».

Le PCF victime ou réponse, c’est peut-être  l’interrogation qui pousse Sève à poser, dans son tome IV et ses derniers écrits,  d’une autre façon, l’organisation de la prise de conscience des solutions et des processus pour les atteindre (1). Mais il ne s’agit pas pour moi et pour bien d’autres d’euthanasie de l’organisation acquise à l’instar de ce qui s’est passé en Italie avec le PCI, mais de son développement nouveau possible. J’en tiens encore pour ma part, ici et maintenant, à l'organisation d’une force politique interprète conscient du processus inconscient de la société humaine, dans ses entités multiples et diverses, leurs interactions dialectiques, des hommes qui les composent.

Le marxisme ne vit pas de lui-même et pour qu’il vive les hommes doivent l’entretenir et le développer en fonction du mouvement de la société qu’ils constituent dans leurs infinies interactions entre eux et entre eux et nature dont ils font partie en unité.

Le marxisme, non le dogme, mais une pensée concrète en mouvement, et son développement historique est encore la forme et l’existence la plus avancée de la conscience humaine sur elle-même si on ne la fige pas, ce qui c’est quand même produit, relativement, mais sûrement… et à quoi il faut remédier !

Je sais bien que la situation présente et à venir demande à se concentrer sur les tâches du moment, la crise économique et sanitaire jumelles, ses effets immédiats, ses pansements immédiats et ses remèdes à court terme dans la vie politique et son étroitesse historique actuelle dont témoigne l'actualité électorale et l’éclatement interne des organisations politiques, dans la crise de la démocratie liée à la crise générale. C’est pourtant en se concentrant sur les tâches présentes dans les dernières décennie, mais mal, que la réponse aux impératifs humains n’a pas été atteinte, loin de là. Alors, pointer les difficultés à surmonter en tentant de  voir le mieux possible la réalité, n’est-ce pas autant nécessaire et plus, à condition de se concentrer dans un même temps sur les taches du moment, bien sûr... Se concentrer BIEN sur les tâches du moment ne dépend-il pas d’élargir l’observation et l’analyse de ce qui apparaît comme les tâches du moment, au  temps plus long et l’espace géographique plus grand ?

Du renversement de la philosophie idéaliste hégélienne au matérialisme dialectique marxien et ses capacités de saisir les catégories d’objets pensés constituant notre réalité concrète,  dans leur mouvement historique,  en les réunissant pour dépasser la parcellisation aliénante de l’activité humaine dans laquelle mentalités et mode de vie sont opposés à la liberté et soumis à la vente de la force de travail contre la libre créativité. Et contre le plaisir de vivre.

L’ergologie, non en général, mais dans les concepts schwartziens, ouvre une période conclusive relative dans le déroulement de l’humanisation en liant connaissance historique des catégories dont se nourrit la pensée pour pouvoir agir, avec la connaissance de l’activité concrète, et l’activité particulière de travail salariée dans laquelle réside l’essentiel de la production des biens nécessaires à la vie humaine. C’est sans doute dans cette connaissance et la crise de motivation qu’elle révèle que réside en part une poursuite de la dialectique marxienne.  La crise du travail et d’emploi intimement liés économiquement et mentalement, et la crise de motivation et de formation dans la crise économique de suraccumulation-dévalorisation du capital révèle des limites du système. La crise de motivation n’a rien à voir avec la dénonciation patronale de renoncement du salarié à l’intérêt de son travail. C’est une crise de motivation plus profonde et générale qui est une forme de renoncement à vivre, au quotidien, dont le « défoulement » est une partie importante non constitutive mais conséquente et qui s’apparente à un suicide inachevé.

Pierre Assante. 23/01/2021 18:57:47.

 (1) Renoncement actif ou vision avancée dépassant l’organisation acquise de la lutte de classe imbibée du conservatisme global ambiant ? Renoncement actif qui attire comme un gouffre dans une période de vide relatif mais profond de l’effort de conscience de la société sur elle-même et de l’engagement économique, politique et philosophique de sauvetage de son processus en danger : soit penser sérieusement le processus et agir sur le processus, soit différer dans un monde où ce qui murit ne peut encore naître et donc sur lequel on ne peut encore agir que par le rassemblement des idées non dissoute mais dispersées : réunir le partiel, réunification en cours échappant à une organisation traditionnelle qui n’est pas en mesure d’être interprète conscient du processus inconscient ? Dilemme duquel il faut sortie d’urgence sous peine de laisser s’éteindre le souffle de la vie.

 

Voir aussi : Recueil 

"2034" : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

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