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29 décembre 2020 2 29 /12 /décembre /2020 06:57

 

Le processus social de complexification d’un mode d’organisation de la matière.

"Je me répète mais je progresse.

Vous aussi ?"

 

La pensée humaine est le fruit du processus social de complexification d’un mode d’organisation de la matière, la nôtre.

Ce n’est pas la pensée, ce mouvement matériel de complexification d’un mode d’organisation de la matière qui crée la matière, mais la matière qui crée la pensée. D’où la distinction entre « matérialisme » et idéalisme » qui reflètent deux conceptions de la nature, le matérialisme  contredisant l’idéalisme, mais non l’idéal, objectif et subjectif de la participation au mouvement social en santé, le processus de complexification-évolution infinie de l’organisation humaine au-delà de l’existence de l’humanité destinée à disparaître mais non le processus de complexification micro et macro de la nature, de l'univers.

Comme disait Lénine, dans une métaphore simple mais juste, si vous créiez la matière par votre pensée, votre mère pourrait être votre enfant. L’inversion entre enseignant et enseigné qui peut se produire et se produit c’est autre chose que l’inversion de la flèche du temps. D’ailleurs cette « inversion » n’est pas à sens unique.

Mais si l’on s’en tient seulement à ma première phrase, on oublie, dans le mouvement de la matière et dans le mouvement matériel qu’est la pensée humaine, l’interaction entre le mouvement général de la matière et ce mouvement particulier de la matière qu’est la pensée, parmi la multitude des mouvements particuliers de la matière qui constituent son mouvement général.

C’est ce qui fait dire à Marx qu’une idée qui s’empare des masses devient une force matérielle. Il faut convenir que dans cette judicieuse et géniale remarque, l’usage du mot matière peut être perçu comme ambigu alors qu’il ne l’est pas du tout. Notre vocabulaire issu de l’idéalisme est pauvre, simpliste et insuffisant, ce qui le rend trompeur.

La comparaison entre le mouvement ouvrier italien et français m’emmène à peser le rôle de la bourgeoise révolutionnaire (dont les brillantes prémisses avortées du nouveau mode de production, le capitalisme industriel, étaient pourtant apparues en Toscane, avec la révolution scientifique et technique et l'éclosion de la nouvelle esthétique de la Renaissance) et de ses Lumières en France et dans le Monde et celui du processus international qui s’en suivit là où la société « saute »  une étape en s’appuyant sur les avancées accomplies dans un temps et un lieu différent.

En étudiant l’influence de l’Eglise en Italie sur l’organisation syndicale dans les années d’après-guerre jusqu’à aujourd’hui, on peut constater à quel point la « guerre » idéologique entre CGIL et CISL des 30 glorieuses, et leur alliance-opposition comportent de part et d’autre le retard ordinaire de la société avec la pointe avancée de la conscience de la société sur elle-même. De la Rinascita de 1945 à autodissolution du PCI de 1991, croissance relative d'un rapport de force du salariat dans le compromis historique mondial de l'après-guerre sur la base de la plus-value relative dans le progrès de la productivité, et implosion anticipée dans  la mondialisation financiarisé et numérisée et finalement conservation de retard...

Le mythe ridicule de Peppone et de Don Camillo n’est pas né de rien. Et il n’est pas propre à l’Italie.

La saine alliance CISL-CGIL anti-terrorisme elle-même, anti Brigades Rouges, ne peut cacher les liens au moins subjectifs entre catholicisme et gauchisme extrême, et l’influence de l’idéalisme, en moins d’importance et différemment, dans la CGIL elle-même. Et dans le PCI lui-même.

Ceci pose encore et toujours ici et partout la question d’un matérialisme non dogmatique.

Et la question que le « cœur » de réparer ne suffit pas et qu’il faut aussi accepter de ne pas ignorer la mécanique, ceci n’étant qu’une métaphore simplificatrice, la société humaine étant le contraire d’une mécanique qui ne peut avoir de conscience et qui ne peut constituer qu’un prolongement du corps-soi crée par le corps-soi, par l’interaction entre l’individu et l’espèce et son organisation sociale inconsciente et consciente.

« Réparer la machine », ici et maintenant c’est ne pas ignorer volontairement ou pas la baisse tendancielle du taux de profit, la suraccumulation-dévalorisation du capital et l’austérité sociale qu'elle produit et enfin entamer l’expérience d’un autre usage de l’organisation de la production, du travail et des outils d’échange, production et usage monétaire. C’est aussi considérer que la Sécurité d'Emploi et de Formation est «  l’étape nécessaire » à l’abolition-dépassement de l’aliénation par la vente de la force de travail.

Se rassembler sans ce souci essentiel c’est courir à l’échec et à la poursuite de la destruction, sociale, économique, écologique.

Et il n’y a pas de réforme radicale et progressive et progressiste de l’économie sans ascèse ergologique, c’est-à-dire la cohérence de l’activité de la personne avec l’activité de l’ECRP ( Entité Collective Relativement Pertinente) et de l’ECRP avec le mouvement global de l’humanité, de la société humaine mondialisé et numérisé, possédant les moyens de libération de la vente de la force de travail par une productivité immense possible mise au service de la réalité du développement humain, de sa pensée.

Un enfant qui use pour la première fois d’un mot, qui fait sa première multiplication, et un adulte qui s’organise dans son travail avec ses semblables ne répètent pas : ils inventent. La recherche et l’invention, si elles contiennent l’invention technique, scientifique, fondamentale et appliquée ne se limitent pas à cette invention technique et scientifique. La formation, c’est l’aide de l’usage de l’accumulation passée des savoirs acquis pour en inventer d’autres dans et par l’activité, son expérience et sa connaissance. L’invention est l’essence de l’existence humaine et de tout acte humain, du plus « élémentaire » au plus « complexe », en unité ; et les rapports sociaux dont on dit à juste titre qu’ils sont l’essence de l’homme contiennent cette réalité et cette nécessité née de l’invention préhistorique de l’outil et de l’interaction entre création de la pensée, complexification de l’interaction entre l’outil et la pensée. C’est toute la question d’un parti de transformation sociale en santé, non dogmatique autant que possible. Il ne s’agit pas d’être imité, il s’agit d’user en commun de l’accumulation sociale permanente des savoirs savants et populaires. Engels répétait : le parti social-démocrate (à l’époque la forme la plus avancée de transformation sociale en création initiale primitive) doit être l’interprète conscient du processus inconscient de la société humaine.

La tâche du présent c’est de transformer les rapports sociaux obsolètes du capital dans un processus conscient et inconscient armant la volonté de vivre.

Je me répète, mais je progresse. Vous aussi ?

Pierre Assante. 29/12/2020 06:25:00.

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