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10 décembre 2020 4 10 /12 /décembre /2020 22:19

 

LE CHAUD ET LE FROID.

Le rassemblement et son contenu.

Présidentielles.

 

La parcellisation du travail dans l’entité de production et d’échange et dans le monde, en corrélation avec la numérisation, la digitalisation, la numérisation informationnelle mondialisée, ce que d’aucuns ont baptisée tout à fait à tort « la dématérialisation » du travail, de l’activité humaine, fait éclater la notion de propriété de l’outil de travail.

Cette réalité et le sentiment qui va avec, de la propriété privée de l’outil de travail, a porté, à partir de la vente de sa force de travail de l’ouvrier, du salarié, la croissance du mouvement communiste. L’extinction relative du sentiment de la propriété privée des moyens de production dont l’ouvrier industriel ou agricole, le salarié en général dépend pour assurer ses subsistances immédiates ou différées est une des causes de l’affaissement du mouvement communiste.

Pourtant cette tendance intérieure à la conscience humaine n’est pas morte et elle sommeille, vit dans ses angoisses du quotidien et du devenir, dans ses questions existentielles sur la condition humaine et sa place dans l’univers.

La conscience est la partie émergée de l’iceberg de l’accumulation sociale de la connaissance et de son usage dans la vie de l’individu dans la vie de la société. L’inconscient est la partie émergée de cet iceberg. Mais le tout vit et agit sur nos choix, nos comportements, notre façon de régir et réagir, y compris, et en unité sur l’aliénation des produits et des gestes du travail sous la contrainte de la vente de la personne de sa force de travail et des conditions monarchiques de cette vente.

Certes, les « conquis sociaux » du salariat ont modifié en partie les conditions de la vente de la force de travail, en particulier la réduction du temps alloué à cette vente de la force de travail, bien que le temps non vendu directement soit  aussi vendu et donc acheté dans les condition de vente-achat de la force de travail par le capital à travers toutes les activités allouées au temps dit libre.

Ce qui ne contredit pas les avancées civilisationnelles de ces conquis pas plus que les insuffisances de transformation de la société qui laissent intactes et la propriété privée des moyens de production et d’échange et la dictature de l’achat de la force de travail dont dépend le salarié.

Le salariat s’est répandu massivement, mondialement par rapport à l’origine du mouvement ouvrier du XIXème siècle. Dans le même temps la dictature de la propriété des outils de production et de l’achat de la force de travail s’est renforcée au point de devenir insupportable , invivable et de constater la fuite de plus en plus massive des populations, dans la faible mesure du possible, hors de la vente du temps de travail et dans la protection des revenus sociaux conquis par les luttes ouvrière, revenus cependant bien inférieurs aux besoins de développement de la personne et de la société. Le "revenu universel" est une illustration de cette fuite sans fin, sans but, sans issue en santé.

La guerre des paysans du XVIème siècle en Allemagne, illustrant le conflit entre l’Empire et la Papauté dans le contexte d’une aggravation du poids de la propriété féodale sur la subsistance des paysans et des prémisses de la classe ouvrière dans les mines etc… montrent le débat de la société marchande millénaire entre « millénarisme » et « les muses », l’attente du sauveur et la consolation de l’art laquelle rejoint la consolation religieuse contestée mais non dépassée dans une libération concrète, réelle.

L’attente du sauveur n’a pas disparu, mais la consolation religieuse a fait place à l’idéologie dominante de la bourgeoisie métamorphosée en détentrice des capitaux privés mondialisés, c’est-à-dire à l’espoir de tirer parti de l’échange A-M-A’ à son paroxysme et à son échec dans la baisse tendancielle du taux de profit, la suraccumulation-dévalorisation du capital et son blocage progressif de l’expansion des échanges humains, « matériels et moraux ». L’abstention massive des « couches populaires » et de la classe ouvrière des pays originellement avancés dans l’industrialisation n’est pas seulement un renoncement au sauve, mais sans abandon à la croyance du sauveur, et une déception démocratique, mais surtout une immaturation des savoirs sur les conditions économiques de la servitude ou de la désaliénation. Chez le émergeants, c’est relativement différents et particulièrement différent dans la décolonisation des « émergeants » et la transformation du rapport de force économique de « zone mondiale de développement », ce qu’illustre la Chine.

Il y a dont quelque chose de profondément et fondamentalement changé entre cette Renaissance et la nôtre. Car nous sommes bien en état de nouvelle renaissance que contient la nouvelle révolution scientifique et technique, la numérisation, la mondialisation en voie d’achèvement empêché, ses conflits et crimes, ses découvertes et inventions géniales dont le peuple est privé dans sa plus grande partie, c’est-à-dire le contenu et le contenant de ces avancées humaines à la fois populaires et élitistes.

Mais il y a aussi quelque chose de commun entre ces deux renaissances caractérisées par ce qui vient d’être développé ci-dessus.

La grande aspiration à contester la propriété des moyens de production contraignant à la vente de la force de travail et à l’aliénation de la production et la consommation des subsistances, qui ont induit des choix et actes humains qui ont permis la naissance du mouvement communiste moderne (car le communisme ne date pas de l’industrialisation, il s’est exprimé tout au long de la société marchande millénaire, et dans le christianisme originel entre autre), dans des conditions nouvelles d’expansion, a perdu en partie sa force dans la dissolution de la conscience de la vente de la force de travail. Il faut en revenir au début de l’article sur la dispersion-parcellisation-mondialisation capitaliste de la production et du travail et de conscience du travail et de son besoin pour produire ce que la société et dans la société la personne ont besoin pour survivre, vivre, se développer, en soi et pour soi, dans son appropriation en santé de l’univers.

Le passage de 59% en 1956 à 8% en 2010 des ouvriers dans le PCF est indicatif de la transformation de la société nationale dans le marché international, numériquement, digitalement industrialisé, et l’aggravation de la taylorisation du travail du travail « manuel » vers dans le travail dit « dématérialisé » de l’industrie numérisée ; et évidemment dans ce passage dans l’industrie numérisée et le transfert d’activité vers les zones à bas coût de salaire va de pair.

Si les solutions économiques préconisées par les économistes communistes sont essentielles (SEF, création monétaire au service de la production, fonds et crédits démocratisés, droits des salariés et producteurs rejoignant les droits de l’homme (ou le contraire en rapports dialectiques), la prise de conscience des transformations sociales nécessaires tiennent dans cet iceberg de l’inconscient et du conscient unis, dans les rapports sociaux qui conditionnent historiquement et non éternellement les conditions de vie. C’est là où l’on distingue les courants chauds du marxisme et les courants froids du marxisme qui ne réussissent pas à s’unir, sciences et sentiments marqués tous deux de l’aliénation et des difficultés à l’élever au-dessus de l’emprise de l’aliénation vers la conscience de la libération de la personne, du producteur.

C’est dans cette dichotomie que tient le conflit entre rassemblement et contenu de rassemblement. Dans la période actuelle le rassemblement tient majoritairement plus de l’incantation que du contenu et le contenu ne réussit pas à pénétrer majoritairement l’iceberg de l’inconscient-conscience.

Pour revenir à « la guerre des paysans », l’on voit bien comment les deux, rassemblement et contenu, le chaud et le froid, l'inconscient et le conscient s’unissaient, au niveau évidemment de l’époque dans le religieux et sa contestation, malgré l’absence de conditions pour aboutir à un dépassement de la propriété féodale sur et vers la propriété collective du moyen de

production premier pour une économie agricole, la terre. Et pour tous, ouvriers, paysans, bourgeois, toujours : La Terre.

Et contre les dominations comme contre l'exploitation, réunies dans l'aliénation.

Courant chaud et froid ne s’uniront pas automatiquement. Il en ira de la volonté de les unir, donc de la conscience et du parti de les unir, du passage dans la partie émergée de l’accumulation et de la marche des systèmes de concepts en mouvement. Mais aussi et conjointement et en dernière instance de l’état final historique du mode de production et d’échange et des effets de cet état sur les hommes, leurs possibilités élémentaires et complexes, en unité, de survie et de développement.

Encore faut-il dis-je, prendre conscience de ce chaud et de ce froid, de la nécessité de les unir, et c’est bien de débat aujourd’hui entre refondateurs marxistes et économistes marxistes, débat qui traverse aussi bien les uns que les autres.

Tout cela demande long débat, longues réflexions et longues études scientifiques. Et longues luttes pour les revendications immédiates fédérant la revendication globale, les forces sociales la construisant, c’est-à-dire les hommes et leurs situations contradictoires dans le mouvement d’évolution, de transformation ou de mort si les contradictions du mouvement global dans leurs tendances mortelles ne sont pas dépassées.

Le choix d’aller vers une candidature PCF aux élections présidentielles de 2022 fait partie de l’effort d’unir rassemblement et contenu de rassemblement. C’est une tâche « simple » immédiate et concrète à saisir et à ne pas perdre. La situation actuelle va évoluer rapidement sous l’effet de la crise du système de production et d’échange. Les conditions de rassemblement et l’union du rassemblement et de son contenu aussi, dépassant le seul sujet des élections présidentielles.

Pierre Assante. 10/12/2020 09:33:57.

 

Voir aussi Recueil "2034" : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

ET

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commentaires

B
Qui pourrait le nier ,l'emploi , le travail vont changer mais comment et au profit de qui ? Il y a un demi siècle , le philosophe Herbert Marcuse , dans les pas de K. Marx voyait venir le temps ou la production matérielle et les services serait automatisée a un point tel que tous les besoins vitaux pourront etre satisfaits avec un temps de travail marginal . Mais cela voudra dire que les besoins , les désirs, les aspirations ne sont plus régentés par des intétèrèts privés visant a dominer et a perpétuer les formes destructives du combat de l'homme contre l'homme et contre la nature . Beaucoup voient dans la révolution informationnelle et technique la source d'un chomage de masse irrécouvrable . Peu en revanche font le lien entre les effets de la révolution informationnelle et les logiques capitalistes utilisant cette révolution non pour développer les capacités humaines mais pour toujours plus rentabiliser les capitaux sur le dos des travailleurs . Or la révolution informationnelle contient un potentiel d'épanouissement civilisationnel extraordinaire , dont la concrétisation dépendra de la capacité collective a utiliser ces gains . L'autre royaume de la nécessité est la diminution de la journée de travail . C'est maintenant que cela se joue .
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P
Oui, merci.

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