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30 novembre 2020 1 30 /11 /novembre /2020 07:19

 

Bien qu'ayant évolué sur le contenu général de ce texte, je le conserve en tant qu'étape de réflexion.

LE "PROCESSUS DU PERE".

Article du 5 Juin 2006

 

1 Le processus. Il est courant de constater l’étonnement des humains devant la complexité d’un objet, particulièrement d’un objet humain. Certainement cet étonnement est légitime. Cependant il est pondéré si l’on considère chaque geste humain, « physique et pensée », comme la suite d’un processus commencé il y a bien longtemps après d’innombrable générations animales et humaines. Ce n’est pas que chaque fois que nous commettons un geste nous ressortons des ventres de nos mères, croissons et mûrissons. Mais il y a cette naissance, cette croissance et ce mûrissement inscrits dans notre geste nouveau. Mais ce geste nouveau n’est pas pré-déterminé, il est aléatoire et pour cette raison EST  un choix, un choix étant lui-même un geste aléatoire et une bifurcation où intervient une volonté collective et individuelle liés. C’est bien là à la fois l’illustration des concepts de processus et de déterminisme. Depuis des millénaire l’humain se heurte à cette idée de déterminisme, l’accepte et le refuse en même temps en s’apercevant qu’il ne peut échapper à l’anankè et pourtant que ce qu’il décide peut influencer le cours des choses. Voir Prigogine, l’espace temps, sa flèche, et ses bifurcations aléatoires et Arnaud Spire par la même occasion.

2 Le « processus du père ». L’accumulation primitive du village agricole en première instance puis de la cité-état donne la possibilité de concentrer et de spécialiser le travail artisanal au service l’accumulation et de la propriété privées. A travers cette spécialisation qui demande ces moyens, la femme perd l’usage des « techniques de pointes » dans leur quotidienneté, techniques dont sont issues les « concepts de pointe » qui nourrissent en retour les techniques et la production symbolique (double anticipation). Elle les perd aux profit des techniques acquises quotidiennes.On peut penser que les femmes, moins mobiles de par leur fonctions maternelles dans la communauté primitive, maîtrisent plus que les hommes et la conceptualisation des techniques de fabrication des objets et la conceptualisation abstraite qui en découle, et la création et l’usage des techniques. Dans la mesure où les techniques réclament plus de moyens, la concentration de ces moyens par l’accumulation primitive privée va donner un essor à leur complexification et le pouvoir à ceux qui vont la « financer ». La propriété privée va trouver à la fois sa justification, son efficacité et sa domination,  et l’aliénation qui en découle. Particulièrement en ce qui concerne la femme. L’artisanat « de pointe » va se masculiniser. Les oeuvres qui en découlent aussi. Ainsi la production symbolique va devenir un interdit masculin, que la femme brisera quelquefois (on ne peut interdire la conceptualisation à l’humain, le travail des opératrices -et opérateurs- des chaînes taylorisées le prouve), contournera toujours. Elle subira et subit encore cet interdit, malgré sa récente, réelle mais relative indépendance économique difficilement acquise et pas partout dans le monde et dans tous les milieux. Ainsi se construit et se perpétue « le processus du père » qui va se combiner et fusionner avec le pouvoir central qui devient abstrait parce qu’éloigné et intouchable. A tel point que dans la vision féminine elle-même, le modèle de producteur de symbolique reste majoritairement le père. S’ajoute ou s’imbrique à cela le rôle du complexe d’Œdipe. La domination paternelle sociale (et de violence organisée) y trouve un allié psychologique (qui se retourne ensuite aussi contre l’homme mâle), et vient percuter violemment la fusion originale maternelle (et de douceur) et le rôle séparateur global de la société. La division des domaines d’activité atteste la prégnance de cette division en matière de conceptualisation. Il est très intéressant d’observer à quel point l’art culinaire a développé ses propres symbolisations et concepts, les gestes et les résultantes qui y sont attachés, à la fois positivement et négativement.

Pierre Assante. lundi 5 juin 2006.

 

Voir aussi Recueil "2034" : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

ET

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commentaires

Besse Daniel 30/11/2020 10:02

PROPRIETE PRIVEE : Je pense qu'il faut préciser : " Propriété privée des moyens de productions et 'échange " . Car il y a encore des citoyens qui pensent que l'on va prendre leur maison . Quand j'ai fait construise ma maison un cadre de l'usine ( pas un imbécile comme dirait F. Raynaud) m'a dit que en tant que communiste je devrais etre dans du collectif . Il y a encore plein d'idées recues a notre égard .

Pierre Assante 30/11/2020 10:36

Oui, tu as raison. Amitiés. Pierre.

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