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28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 06:00

 

La classe ouvrière existe-t-elle encore et a-t-elle perdu ses capacités supposées dans la theorie marxiste ? aRTICLE DU 1ER NOVEMBRE 2008.

 

Bien qu'ayant évolué sur le contenu général de ce texte, je le conserve en tant qu'étape de réflexion.

 

La classe ouvrière, en tant qu’élément « producteur direct de valeur marchande », et le salariat dans toutes ses composantes, comme le pensait Marx :

- ont-t-ils acquis les capacités d’exercer une hégémonie dans la direction, les sens, d’un processus social développant les forces productives (au sens strict et au sens large) capable de libérer les forces créatrice de l’être humain du travail contraint, de poursuivre le processus de constitution de l’humanité en tant que conscience de la nature sur elle-même ?

 - si ils ne les ont pas acquises, conservent-t-ils les capacités de le faire ?

Devant l’emprise apparente du capital sur le processus « matériel et moral » du mode de production dans toutes ses activités et composantes, la tendance est de répondre NON. Et de rechercher ainsi ailleurs et autrement les voies du progrès social.

Il y a une autre réponse : ce n’est pas parce que cette hégémonie a fait « faillite » que la socialisation de la production ne se poursuit pas, ni que les luttes ouvrières n’ont pas contribué à cette socialisation. Car il y a bien intrication de plus en plus développée, généralisée, de l’activité humaine au niveau local et mondial, dépendance de l’espèce  humaine à l’espèce humaine, à travers la production-distribution des subsistances, ses techniques et sa gestion.

Ni que l’histoire s’arrête à cette faillite. Si l’on considère l’histoire humaine sur le long terme, il est certain qu’on va trouver des éléments du processus qui infirment ce concept de faillite parce qu’ils contiennent la maturation des capacités du travail à gérer la transformation sociale.

Il y a au contraire une contradiction de plus en plus profonde entre cette socialisation et sa gestion soumise à la loi du profit, à la mesure quantitative de la valeur par le capital, et une distance de plus en plus grande entre les besoins qui se développent, les capacités de les satisfaire, et le réel ; entre leur croissance, les potentiels et le réel.

Une seule hypothèse peut infirmer ce concept de processus de maturation et d’éclosion de ces capacités : c’est l’arrêt du processus, du mouvement, c'est-à-dire la mort pour diverses raisons que nous n’allons pas inventorier ici.

Par contre le concept de processus de maturation des capacités du travail à gérer la transformation sociale contient celui de nécessité et de liberté dans leur unité contradictoire qui s’oppose à celui de prédétermination en matière religieuse et de déterminisme en matière philosophique. Un processus, c’est un mouvement comportant un aléatoire qui se constitue dans « une » matière infinitésimale à laquelle la physique n’a pas encore accès, même si par empirisme elle peut être hypothétisé, et en sociologie se résumer par le choix humain,  par le « débat de valeur » d’Yves Schwartz, dans l’unité de l’activité humaine.

Je reviens au concept d’une précédente contribution : Si la crise est devenue si profonde et si rapide ces derniers temps c’est parce que ces lois-tendances du capital entrent en collision avec un développement nouveau et immense des techniques liées à l’informatique, et la production et gestion mondialisée qui en découlent. Et parce que, la minorité dominante conservatrice du mode de production,  dressant un barrage illusoire à cette tendance, en particulier en freinant le mouvement social et de libération, c’est brutalement que le phénomène peut se produire et se produira.

Ce barrage illusoire l’est au sens qu’il n’empêche pas le mouvement, le processus. Mais il en modifie les trajets, les bifurcations, mais non la « destination », tant qu’il y a mouvement, sachant, pour notre part, que c’est un processus dans le processus global dans lequel il y a cycles, morts, et morts en tant que transformation du cycle et du mouvement en spirale, pour reprendre l’image, la métaphore marxienne.

Mais il l’est aussi réellement au sens où il « empêche » un objectif « probable » sous sa forme historique du moment, mais pas en tant qu’ « achèvement » en mouvement.

Il faut aussi noter que l’image de bifurcation est une représentation du processus social, représentation limitée de la complexité d’un mouvement social qui contient du physico-chimique, du biologique, mais en aucun cas, en tant que processus humain ne se limite à eux, le social étant une organisation « d’ordre supérieur » de la matière.

Ainsi toute période sociale de type « barrage », pour poursuivre la métaphore, s’accompagne du même type de réalité, de barrage, dans le domaine idéologique. Ceux-ci s’expriment dans la philosophie, dans la religion, qui délaissent un moment ce qui a constitué en eux la recherche de vérité de l’humanité.

Le déterminisme en fait partie. Et en matière de déterminisme, la puissance d’une domination suprême idéelle non matérielle de même.

Pourtant, il n’y a pas incompatibilité pour un croyant, de quelque religion que ce soit de considérer qu’il ne peut se comporter vis-à-vis de la matière qu’en tenant compte des lois qui la régissent et de l’activité de recherche qui les poursuit en ce qui concerne la seule question qui se pose à l’homme : résoudre les problèmes qui lui sont posés par son moment historique en tant que représentant de l’espèce. Car il ne peut se substituer à une entité qu’il n’est pas, sinon en tant qu’élément d’une entité « globale » ; et les problèmes « existentiels » ne sont pas indépendants de la réalité historique du moment, ils en découlent.

Je me répète : L’individualisme forcené du capital c’est l’expression du rapport marchand généralisé. Il est l’idéologie répressive d’une classe qui imprègne toute la société, d’un moment historique. La transformation des rapports sociaux capitalistes, c’est la création de conditions matérielles de production et d’échange qui permette de substituer les besoins « concrets » à la mesure de la valeur (voir sur cette mesure de la valeur les articles précédents). Cela ne veut pas dire que le temps de production des objets n’existera plus, mais qu’il pourra, de par la quantité et la qualité de la production des subsistances « matérielles et morales », libérer l’homme de la propriété au profit de l’usage, des besoins, et libérer l’activité du travail contraint. LIBERER L’HOMME TOUT SIMPLEMENT.

L’athéisme ne peut constituer que la négation de l’idéalisme philosophique. En aucun cas il peut constituer la négation de la négation, le dépassement de l’idéalisme. Le dépassement de ces représentations mutilées de la réalité tient dans notre capacité à rompre le fétichisme que la marchandise induit, que seule la transformation du mode de production peut réaliser. Car on ne peut transformer la matière en la fractionnant mentalement, c'est-à-dire en pensant pouvoir agir que sur une part, un élément d’elle-même, ou plutôt en refusant de la considérer dans sa totalité, donc de cette réalité que constitue le moyen « matériel » de produire nos subsistances « matérielles et morales ».

Peut-être faut-il avoir un peu plus recours à « l’Anti-Dühring » et à d’autres réflexions marxistes de ce type comme « Matérialisme et empiriocriticisme » de Vladimir Oulianov. Il faut se rappeler que ce dernier ouvrage répondait à l’entrée dans le Parti Bolchevik de courants se réclamant en parole des idées de classe ouvrière, marxistes, mais les réfutant dans l’unité de la pensée et de l’action (vous voyez, avec le vocabulaire idéaliste dont nous disposons, il est difficile de ne pas séparer les deux, même en insistant sur leur unité).

Je reprends une intervention précédente : Le balancement des militants du sociétal à l’économique, de l’économique au politique est significatif de cet état de dichotomie qu’Henri Lefebvre caractérisait par le terme « structuralisme », celui de cette « école de pensée ».

Ce n’est pas parce que le mouvement Bolchevik a failli que la pensée communiste est devenue obsolète. Il faut toujours replacer un moment du courant de pensée, de « penser », dans son histoire. C'est-à-dire ses conditions matérielles. A court terme et à long terme. Pour en tirer des avancées nouvelles.

Je reprends encore une intervention précédente : Ce en quoi le concept de processus de la démocratie avancée au socialisme et du socialisme au communisme (qui n’est d’ailleurs ni le but ni la finalité de l’humanité, mais un moment de son processus), n’étaient pas et ne sont pas des idées et des mises en politiques si mauvaises que l’on décrie tant aujourd’hui. A condition de ne pas y voir des étapes mécaniques du développement humain.

Pierre Assante, 1er novembre 2008

 

Voir aussi Recueil "2034" : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

ET

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commentaires

Besse Daniel 28/11/2020 08:49

En 1950 , 52 pour cent des gens en activité étaient salariés . Aujourd'hui c'est 90 pour cent . C'est cette masse qu'il faut réussir a rassembler plus les petites entreprises qui sont écrasées par les banques et les donneurs d'ordre . Pour moi un petit artisan n'est pas si indépendant que ca , car bien souvent il travaille en sous traitance pour plus gros que lui . Je le compare a un ouvrier professionnel qui a cette particularité c'est qu'il fourni l'outil de travail .

Pierre Assante 28/11/2020 09:33

Tout à fait d'accord. MERCI

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