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21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 08:22

 

Pierre Ivorra.

La Fed, la BCE et l’emploi

La chronique économique du Mercredi 21 Octobre 2020. L'humanité.

 

La Fed, la banque centrale des États-Unis, vient de réaffirmer le plein-emploi comme sa priorité. Même s’il est limité et ne vise pas à éradiquer totalement le chômage, il s’agit d’un vaste et beau programme pour une banque que de s’intéresser aux hommes qui triment ou plutôt à ceux qui ne peuvent pas le faire.

La Banque centrale européenne (BCE) devrait en prendre exemple, elle dont les statuts fixent l’inflation comme horizon et pas l’emploi. La Fed a une double tutelle, elle est à la fois très proche des grandes banques commerciales du pays et des marchés financiers, de Wall Street, mais elle doit aussi rendre des comptes au Congrès américain. La BCE, elle, est indépendante du politique, mais pas des marchés. Attention, cependant, les financiers et les politiques états-uniens ne sont pas moins libéraux que nos européens, mais ils ont une arme nucléaire monétaire : le dollar. Aujourd’hui encore, la monnaie des États-Unis est une unité de compte (qui permet d’établir le prix de chaque bien), ainsi que la monnaie dans laquelle sont réalisées la plupart des transactions financières et une grande partie de celles du commerce. Plus de 60 % des réserves en devises des banques centrales sont aujourd’hui libellées en dollars. Ce statut de la Fed et du dollar permet aux États-Unis d’imposer leurs intérêts au reste du monde.

S’ils ont besoin de faire baisser le dollar pour gagner des parts de marché à l’international, il suffit que la Fed émette des dollars « en veux-tu en voilà » et le tour est joué. S’ils veulent le faire monter, il suffit que le Fed conduise une politique monétaire restrictive. C’est dire que l’action en faveur de l’emploi du côté de Manhattan se fait le plus souvent, grâce au dollar, en exportant hors des frontières les difficultés du pays, et notamment en expédiant le chômage chez les autres. On pourrait donc se dire qu’en Europe nous n’avons qu’à faire comme les États-Unis. On s’y emploie pour partie, au détriment de l’Afrique notamment, mais pas avec la dimension mondiale des Américains.

Quand on ambitionne, comme c’est le cas des communistes, de ne nuire à personne et de coopérer avec tout le monde, y compris avec le peuple américain, il est nécessaire de changer de logiciel. Développer la valeur ajoutée utile, réduire le coût du capital, satisfaire les besoins humains, supprimer le chômage, tout en préservant la nature et le climat, ce ne sont pas des valeurs cotées à Wall Street. Se donner le but d’éradiquer le chômage chez soi sans supprimer des emplois chez les autres : c’est la meilleure façon de se protéger et de se développer.

 

Voir aussi  Recueil "5 décembre" :  

http://pierre.assante.over-blog.com/2019/12/le-5-decembre-2019.recueil.html

et Recueil "2034" : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/09/2034-recueil.html

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