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7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 06:10

 

Chronique de Pierre IVORRA dans " L'Humanité " du 6 mai 2020 :

Les raisons de l’effondrement financier

de grands groupes

 

Les termes du drame qui se joue, de cet effondrement financier qui intervient en parallèle avec l’épidémie et qui est attisé par elle, sont en place. Dès le mois d’octobre 2019, le Fonds monétaire international (FMI) tire la sonnette d’alarme au niveau mondial en indiquant dans un rapport : « En cas de ralentissement marqué de l’activité, dans le plus sombre des scénarios, 40 % de la dette des entreprises dans les huit plus grandes économies, soit 19 000 milliards de dollars, seraient exposés à un risque de défaut, soit plus que le niveau observé durant la dernière crise financière », celle de 2008. C’est dire qu’en raison d’un chiffre d’affaires en chute libre, ces sociétés ne seraient plus en état de rembourser leurs dettes. Dans les principaux pays capitalistes, la dette des entreprises (hors secteur financier) approche les 100 % du PIB mondial. Cette course folle à l’endettement a visé pour une bonne part à financer des opérations parfois risquées, prévient le FMI. Ces groupes cherchent à grossir non pas en accroissant leur production, en créant des emplois, mais en achetant des unités déjà existantes, appartenant à d’autres entreprises et éventuellement en y supprimant des postes de travail.
En novembre dernier, à la suite du FMI, la Banque de France alerte elle aussi, s’inquiétant du niveau trop élevé de cette dette : « Depuis 2014, les grands groupes non financiers privés n'ont cessé d'accroître leur endettement financier net », indique-t-elle. Profitant de taux d’intérêt proches de zéro, ces multinationales à base française ont massivement emprunté afin de se lancer dans de vastes opérations financières, plus particulièrement dans des fusions-acquisitions de concurrents ou d’entreprises complémentaires. « En 2018, 123 des 215 groupes sous revue ont effectué un investissement de croissance externe », souligne la Banque de France. Et cela est devenu plus fréquent ces trois dernières années : 54% des cas entre 2016 et 2018, contre 43 % entre 2013 et 2015. Comme le rappelle la Banque, « la charge de cet endettement devra dès lors être couverte par les revenus futurs dégagés de ces acquisitions ». Or, dans certains cas, il existe un risque que « les revenus futurs anticipés s'avèrent surévalués ». Avec l’épidémie, on se doute que ces revenus sont désormais très, très surévalués !
Il est évident qu’on ne peut laisser ces grands groupes s’effondrer, encore faut-il poser des conditions à leur sauvetage par la communauté nationale. C’est sur les critères d’attribution de ces aides publiques que les forces progressistes ont intérêt à porter le débat.

VOIR AUSSI :

MOINS MAIS MIEUX. L’histoire ne repasse pas les plats. 23 AVRIL - 6 MAI 2020. SUR CE LIEN : ici

https://pierreassante.fr/dossier/MOINS_MAIS_MIEUX_23_27_AVRIL_2020.pdf

Cet article s'inspire librement des travaux de la ComEcoPcf et d'Yves Schwartz et n'engage que moi-même.

 

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