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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 00:19

 

APRÈS LA « GUERRE SANITAIRE ».

 

Quelles que soient les difficultés à surmonter la crise sanitaire, le besoin de relancer la production et l’échange des biens nécessaires à notre vie se pose et se posera.

La crise sanitaire a précipité et aggravé la crise financière et économique (1).  La croissance et l’accumulation du capital constant, fixe, le haut niveau technologique, industriel et numérique, et l’hyper croissance du capital financier qui vont de pair, ont conduit, dans le système, ces dernières années, à une explosion de la baisse tendancielle du taux de profit, et une suraccumulation-dévalorisation du capital induisant la difficulté de se réinvestir au taux suffisant pour lui, pour sa circulation élargie (2).

L’augmentation de l’exploitation du travail, une extraction plus grande de plus-value et l’augmentation de son taux ne suffira pas pour répondre à cette baisse tendancielle du taux de profit et a peu de chance d’être acceptée sans broncher par les salariés et les populations qui en subiront les conséquences par contrecoup. C’est donc bien par des réformes de structures du capital et du système qu’il s’agit de relancer la machine sociale et la satisfaction des besoins sociaux. Il s’agit de prélever une plus grande part  de la valeur ajoutée produite (valeur des marchandises produites et des salaires) pour la réinvestir. Cela veut dire passer progressivement et radicalement et le plus rapidement possible du critère de gestion à partir du  taux P/C (profit sur capital) au critère de gestion VA/CMF (Valeur ajoutée sur Capital matériel et financier) (3).

La revalorisation du capital par la destruction de capital constant par la dernière guerre mondiale ne peut avoir lieu dans les mêmes proportions et avec le même effet dans la crise sanitaire qui aggrave la crise financière et de production (4).

La dévalorisation du capital continuera (5).

Par contre le fait de pouvoir investir une plus grande part de la valeur ajoutée permettrait d’augmenter la capacité productive, l’efficacité du travail tout en faisant progresser les revenus, relativement au niveau de « redémarrage économique » possible d’après la crise actuelle, et dans l’état avancé des techniques et des sciences et de la formation, du potentiel des forces productives  dont la qualité acquise ne va pas s’évaporer en quelques mois.

Le haut niveau de compétence et d’équipement reste un acquis dans les pays d’économie avancée du capitalisme mondialisé, financiarisé, numérisé. Et d’ailleurs le refus systémique du capital de dépasser le critère P/C est une décision politique mondiale des états nationaux et de l’Etat mondial dominant. Il ne faut pas attendre que le capital renonce de lui-même à sa guerre économique de profit et de pouvoir d’accumulation contre le salariat et entre firmes multinationales elles-mêmes.

L’après immédiat et relatif de sortie de crise économique et sanitaire ce sera un moment de luttes développées dans lesquelles donner aux acteurs d’un mouvement populaire, ouvriers, salariés, cadres de production, de gestion, de formation et de recherche, les moyens intellectuels et matériels de sortie de crise systémique, et de construction et de relance sur la base de critères de progrès, et d’organisation en santé du travail, parmi lesquels un droit de sécurité d’emploi et de formation qui est la base du travail et des capacités productrices humaines.

Pierre Assante. 02/04/2020 23:30:42

Notes pour aller au-delà du constat et de l’explication de base :

(1) Suraccumulation et croissante exponetielle de la finaciarisation s’limentent mutuellement.

(2) En août déjà « La Repubblica » notait sur plusieurs pages le signe annonciateur qu’est le taux des Bonds US à 10 ans inférieur à ceux à deux ans. Les taux négatifs de prêts la BCE pour relancer encore dès la rentrée le taux de profit de production, la productivité du capital, en chute était un autre élément prouvant l’aggravation de la crise (Réunion des banques centrale à du 24 au 26 août 2020 à Jackson Hole). La guerre économique USA-Chine, soutenue par  Trump et son « national-développement » contre une coopération internationale est un effet de la crise économique et des difficultés du capital pour se revaloriser, plus qu’une cause.

(3) La valeur ajoutée c’est les richesses nouvelles produites, salaire compris.

Le salaire, la valeur de la force de travail est bien un produit du  travail dans et par la transformation d’une richesse première, naturelle ou déjà produite. Valeur du salaire et  valeur du nouveau produit plus la valeur de tout ce qui contribue à cette production forment la Valeur Ajoutée.

(4) La composition organique du  capital lors du compromis historique des conquêtes sociales de 1945-47 et celle d’aujourd’hui ne sont pas comparables. Le capital des industries mécaniques et de main d’œuvre massive n’avaient pas les mêmes besoins pour se valoriser que le capital de la révolution scientifique et technique numérique du XXIème siècle.

(5) La relance keynésienne des 30 Glorieuses, après une période de sous consommation et de sur-épargne, n’est plus possible. Nous sommes de nouveau structurellement aujourd’hui en période de sur-épargne et sous consommation relatives (pour le moment) de longue durée liée à la composition organique élevée du capital et non de cycle décennal.

 

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