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25 janvier 2020 6 25 /01 /janvier /2020 07:25
_______________ESSAI. 2001.

 

Publié une première fois

le 18 janvier 2020

 

En L'AN 476, l’Empire Romain d’Occident s’écroule.

COMMENT FINIT ET SE RENOUVELLE EN SE TRANSFORMANT QUALITATIVEMENT UN MODE DE PRODUCTION.

 

En 476, l’Empire Romain d’Occident s’écroule. Salvien de Marseille en avait fait le pronostic en 439.

Mais c’est quoi qui s’écroule ? Quelles sont les forces qui conduisent à cet événement planétaire ? Y a-t-il parmi les multiples forces intérieures et extérieures à l’Empire, une force première et centrale, une raison ou une condition de cet écroulement ?

L’Empire ne s’écroule pas, c’est l’organisation centralisée qui se dissout. Les forces extérieures, « les peuples dits barbares », ce sont d’autres civilisations et  peuples, mais cette force-là, multiple et diverse est déjà fortement romanisées (gréco-romanisées) au contact des limes, mais essentiellement par les échanges commerciaux et culturels mêlés, comme dans tout commerce.

Ce qui fait la différence entre « les barbares » et les « romains », c’est le mode de production. La production des « barbares » n’est pas basée sur la force de travail des esclaves.

Le mode production esclavagiste romain arrive à épuisement, il lui est de plus en plus difficile de renouveler la société de façon élargie. L’exploitation des riches propriétaires des esclaves et des paysans libres – nous sommes dans une production agricole dominante- draine les richesses hors de la production.

Le système est entré depuis longtemps dans la contradiction, entre forces productives, la principale, l’homme, ses outils et sa culture et ses besoins de développement. Le renouvellement élargi de la société est en panne.

Apres la prise de Rome, la dissolution de la centralisation de l’Empire, rapide, entraîne une longue dissolution des organisations locales d’échange et de production et de leur gestion, et surtout la dissolution du mode esclavagiste de production.

La propriété collective de la terre des « occupants » barbares va remettre en cause ce mode de production, et hériter en même temps des bagages culturels romains, lesquels ne vont pas disparaître, mais se raréfier, se figer relativement et se dogmatiser –monachisme… etc.- jusqu’à l’explosion de la renaissance dans les prémisses du pouvoir des bourgeois des villes en développement.

Lorsque l’Empire chute il a déjà chuté de l’intérieur. Les « bagaudes », révoltes décrites par Salvien et les historiens  de l’antiquité tardive, ne sont pas seulement une protestation contre l’auto-vente des paysans libre en tant qu’esclaves aux propriétaires dont ils sont débiteurs de par l’impôt trop élevé qu'il ne peuvent payer, c’est aussi un mouvement et des prémisses de la construction d’un autre mode de production que le mouvement aléatoire de la société va produire : le féodalisme.

Cette dissolution c’est aussi la dissolution de la « Pax Romana » et la reconstruction lente et pleine de courbes, de retours et d’avancées, de nouvelles dominations non centralisées, des conflits de pouvoirs locaux qu’elle suppose et induit, et de son aboutissement bien de siècles plus tard dans la monarchie absolue, antichambre du pouvoir d’une nouvelle force sociale, la bourgeoisie révolutionnaire.

Le mode de production de l’Empire du XXIème siècle c’est la vente-achat de la force de travail, le salariat généralisé dominant, et le mode d’échange le cycle de circulation Argent-Marchandise-Argent plus (A-M-A’) pour lequel, ce n’est plus la richesse en marchandise qui est le but et le ressort premier, mais l’accumulation de l’argent, le capital et son accumulation devient premier, et la marchandisation devenant financiarisation mondiale et numérique généralisée in fine.

La révolution scientifique et technique, comparable en bien plus grand à celle de la Renaissance impose une augmentation exponentielle du capital constant (machines et techniques, plus formation et transmission) par rapport au capital variable, le salaire. Le rapport entre le capital investi et la plus-value s’abaisse et la guerre entre les propriétaires du capital pour le profit s’intensifie. Les plus gros, les firmes multinationales dont la production est sous-mise au profit financier qu’elles gèrent pour toute la société, de plus en plus détaché de la production des biens nécessaire à la satisfaction de besoins humains en croissance, et complexification, ressemblent à  deux millénaires de distances aux propriétaires de l’Empire Romain, mais dans un autre mode de production et d’échange. Toute la vie humaine leur est soumise. Et les privilèges exorbitants des plus grands détenteurs du capital mondial ressemblent aux privilèges multipliés de leurs ancêtres du Vème siècle.

Pour que la vie humaine se poursuive et se développe, il faut que puisse se reproduire d’une façon élargie la production des biens nécessaire à la vie humaine. Le système en contradiction, le permet de moins en moins et c’est la raison de fièvres intelligentes et justifiées qui se développent dans le monde et en France en particulier aujourd’hui. La suraccumulation-dévalorisation de capitaux et leur difficulté de se mettre en valeur est le signe que le produit du travail ne retourne pas suffisamment au travail qui seul permet, hormis les richesses naturelles, de produire des richesses par la transformation de ces dernières. Quand à ces richesses naturelles comment peut-on penser qu’on puisse les préserver sans toucher au système du profit capitaliste financiarisé ? Naïveté ou enfumage, les deux à la fois…

La tentative d’Octobre 1917 et la NEP ouvraient une possibilité de passer de la vente-achat de la force de travail à une transformation progressive et radicale des rapports sociaux. Elle a échoué, mais rien ne dit qu’elle ne pouvait réussir en se transformant et en sortant de la culture de l’administration héritée et du tsarisme et de la propriété collective russe originale de la terre qui étaient son terreau. La contestation par les pays émergents et au premier rang la Chine modifie le rapport des force avec le capitalisme dominant et ouvre  une porte à la sortie de sa dictature économique, militaire, institutionnelle. Mais cette contestation qui a transformé la Chine millénaire en une puissance de premier ordre, ce n’est pas une sortie du capital et de ses douleurs, même si une part de la société chinoise, à travers une minorité communiste et marxiste du PCC qui influe sur toute la société, conduit un travail de régulation du système vers un autre, imaginé, hypothétique, à construire pas à pas, en corrigeant les erreurs par l’expérience, dans une nouvelle « longue marche » mondiale systémique et non plus seulement anticoloniale du XXIème siècle. La démocratie c’est le développement et du système productif et de la conscience humaine qui sont en rapport dialectique. L’un ne va pas sans l’autre sous peine d’un retard ou d’un blocage des deux.

La dépossession massive de la propriété des moyens de production et de la propriété du capital pour la masse des humains dans le capitalisme monopoliste mondialisé numériquement informationnalisé globalement financiarisé, entre en conjonction avec les capacités productives de la numérisation. La contestation de l’un et les moyens ouverts par l’autre pour libérer les hommes du travail contraint est à l’ordre du jour. Obsolescence du mode de production d’un côté et capacités de produire sans vente-achat de la force de travail, mais avec une réduction drastique du travail salarié au profit de l’activité créatrice libre vont de pair.

__________ Empire romain d'occident en l'an 395

Faudra-t-il un lent écroulement de la centralité capitaliste pour y parvenir, ou l’humanité et les salariés et leurs différentes composantes, et la classe ouvrière minoritaire de production et de gestion de plus en plus qualifiée dans la numérisation, au

premier rang de la contradiction du système, trouveront-ils la voie et l’action organisée pour une transformation progressive et radicale du système miné de l’intérieur par ses propres lois ? Des pistes sont proposées pour un autre crédit, une production monétaire européenne et mondiale échappant à la domination du dollar et libre des choix d’investissement et de production, des Fonds échappant au taux de profit, une sécurité d’emploi et de formation assurant une production et une cohérence de la personne humaine. Ces propositions ouvrent la voie pour un processus de sortie progressive et radicale du système malade vers un système économique et social en santé. Une civilisation de toute l’humanité, dans sa diversité créative et son appropriation en santé de son univers.

Pierre Assante. 16 janvier 2020.

 

LE RECUEIL "Le 5 Décembre" : Cliquer

ici

https://pierreassante.fr/dossier/RECUEIL._LE_5_DECEMBRE_2019..pdf

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L’HUMANITE ENTRE DANS SON ADOLESCENCE.

"ECONOMIE ET ERGOLOGIE"

http://pierre.assante.over-blog.com/2019/03/l-humanite-entre-elle-dans-son-adolescence-recueil-janvier-fevrier-mars-2019-remanie.html

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