Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 janvier 2019 3 23 /01 /janvier /2019 06:05

INFO. Note de Nicolas Marchand – 21 janvier 2019

à la suite du congrès du PCF

 

38ème Congrès: le « Manifeste » amendé, enrichi, et confirmé sur le fond

Le 38e Congrès du PCF a adopté après débat et amendements, le texte intitulé « Pour un manifeste du Parti communiste du 21ème siècle ». Mais, dès le Congrès et depuis, on a entendu Pierre Laurent et d'autres, affirmer que ce texte aurait été « profondément modifié ». Le texte adopté n'aurait plus rien à voir avec le texte initial.

Quelle meilleure réponse que la lecture du texte ? D'ailleurs, il conviendrait de l'éditer en brochure, de le diffuser largement dans le parti, pour l'information des communistes et pour la formation.

J'ai pensé utile de regarder ce qu'il était advenu, sur quelques points clés qui ont particulièrement fait débat, des idées du projet de base commune choisi à la majorité par les communistes.

L'urgence vitale d'une réorientation stratégique confirmée .....suite en dessous de la pub....

Dès les premières lignes, comme dans le projet initial, le motif de la convocation d'un Congrès extraordinaire, la catastrophe électorale de 2017, est nommé sans détour, et est exprimée l'urgence vitale, en conséquence, d'une réorientation stratégique :

« Notre 38e congrès est vital. Au mois de juin 2017, nous décidions, à l’issue de la séquence électorale de la présidentielle et des législatives, de convoquer un congrès extraordinaire. Notre affaiblissement électoral et notre perte de visibilité nationale étaient et sont toujours au cœur des préoccupations des communistes qui veulent reconquérir l’influence de notre parti et reconstruire une organisation révolutionnaire de notre temps»

Après avoir affirmé qu' « Il n’y a jamais eu autant besoin de révolution, d’idées et de luttes révolutionnaires ; d’un parti et d’un projet communistes ... » il est dit que  « Leur absence dans le champ politique laisse la voie libre à tous les dévoiements … C’est pour cela que les communistes ont voulu un congrès extraordinaire pour une réorientation stratégique, une mobilisation nouvelle dans l’action et le développement d’une ambition communiste … Un bilan stratégique et organisationnel est nécessaire … Nous voulons conjurer le risque d’effacement … Nous avons la conviction qu’il ne peut y avoir de transformation révolutionnaire sans un Parti communiste fort et influent, porteur de cette ambition. »

Le texte formule un bilan stratégique sévère:

Après avoir constaté que « les rassemblements initiés ont abouti à notre affaiblissement et ont échoué à ouvrir une alternative. » le texte met en cause « le renvoi du rassemblement au sommet dans des cartels à vocation électorale … la difficulté d’appropriation et de mobilisation populaire autour des contenus … la diffficulté à articuler notre ambition indispensable de rassemblement avec la nécessité d’une intervention autonome permanente du PCF, porteuse du projet communiste » et conclut que « la dilution de notre action dans le cadre commun a conduit à l’effacement de nos idées et du Parti »

La proposition d'une réorientation stratégique est retenue, avec le choix d'  « une union populaire et politique agissante », impliquant une nouvelle méthode, tirant les leçons du passé pour conduire notre action pour l'union. Dans ce cadre le texte souligne la nécessité de «campagnes autonomes afin de faire progresser la conscience populaire des changements nécessaires et le rapport de forces en faveur de nos idées ». 

Il insiste : « Le développement des idées et des propositions communistes, dans la société, au service d’actions et de transformations de portée révolutionnaire, est aujourd’hui un enjeu politique majeur, en France, en Europe et dans le monde. Cest la clé de notre congrès extraordinaire. »

En cohérence avec cela, le congrès décide « d'une campagne permanente sur le coût du capital et sur la démocratisation du pouvoir dans l'entreprise », non sans formuler cette critique :

« Y aurait-il autant d’espace pour imposer des réformes qui ont toutes pour pivot la baisse du « coût du travail » si le Parti communiste avait mené dans la durée une campagne sur le coût du capital ? »

Dans le chapitre international, l'affirmation de la nécessité de reprendre une analyse critique de l'expérience soviétique avait fait l'objet de critiques virulentes de la part de camarades qui s'opposaient au Manifeste en lui prêtant des intentions rétrogrades. L'idée du texte d'origine est bien conservée : « L'expérience soviétique et celles des pays de l'ancien « bloc de l'Est » méritent une nouvelle analyse critique marxiste approfondie. »

Est confirmée aussi la prise en compte de la portée de l'enjeu majeur que constitue « la Chine, immense pays en état de contester le leadership mondial des États-Unis » et qui « mérite une analyse conséquente et lucide. »

A propos de l'Europe, comme le proposait le projet, une position claire et commune est affirmée, avec des propositions précisées; et alors que des camarades avaient contesté la référence à l'existence de différences au sein du parti et le besoin de poursuivre le débat, le texte charge la direction du parti d'impulser  l’actualisation de nos analyses  « de façon à progresser sans cesse vers un rassemblement de tous les communistes. Ceci pour permettre de dépasser dans l’action commune, avec nos propositions, les différences exprimées jusqu’ici ». Et il souligne la nécessité d'expliciter nos conceptions.

PCF : « un rôle irremplaçable » – « Redevenir une force motrice »

A propos du rôle du Parti, les idées clés portées par le Manifeste sont clairement exprimées :

« Le rôle irremplaçable du Parti communiste » est le titre d'un paragraphe ; un rôle dont il est dit qu'il doit l'assumer « alors que les idées dominantes pèsent tant dans la société et dans la gauche »

Et en conclusion de l'analyse de la situation politique, on lit : « il revient au Parti communiste français de redevenir une force motrice pour reconstruire une gauche porteuse d'une alternative de transformation sociale, écologique et démocratique. »

C'est que, précise le texte voté, validant des idées force du projet, « Le mouvement populaire et l’intervention citoyenne, aussi essentiels qu’ils soient, ne sont pas spontanément transformateurs, pas plus que le communisme ne se développe naturellement dans la société. Défendre les avancées sociales menacées, contester le partage des richesses ne conduit pas spontanément à mettre en cause les pouvoirs patronaux et du capital. Pour rendre majoritaire l’exigence d’autres choix, il faut avancer, entre autres, des idées originales capables de faire reculer l’emprise des idées dominantes. Il faut avancer sur des solutions transformatrices à la hauteur du défi lancé par la crise. Il faut agir pour que ces idées alimentent les luttes et les débats. »

Le texte final confirme aussi en les précisant les analyses proposées concernant le PS et FI :

« Le Parti socialiste … entré dans un long processus d'effondrement ... conserve néanmoins un enracinement dans les territoires grâce à un réseau d'élus encore solide. Une social-démocratie peut renaître dans le futur, exprimant la recherche d'un « changement à petits pas » de la part de certains secteurs de la société et du salariat. »

Quant à FI, « Deux dynamiques la traversent : participer de la recomposition d'une nouvelle force sociale-démocrate, avançant des réponses réformistes sans prendre en compte l'enjeu de l'entreprise et les questions de classes ; s'engager jusqu'au bout dans l'aventure du « populisme de gauche », au prix d'une rupture consommée avec les traditions de la gauche et du mouvement ouvrier ».

Notre présence à toutes les élections : décidée - Ian Brossat tête de liste aux européennes

Enfin, point majeur de la réorientation stratégique, le texte valide la nécessité « d'être présents avec nos candidates et candidats à toutes les élections », titre d'un sous-chapitre dans lequel il est dit :

« À partir des spécificités de chaque échéance électorale, il est essentiel d’être présents avec nos candidat·e·s à toutes les élections. »

Le Congrès décide aussi que « Le Parti doit travailler à créer les conditions d’une candidature communiste à l’élection présidentielle de 2022. »

Il décide : « nous proposons la candidature de Ian Brossat comme tête d’une liste de large rassemblement. »

Concernant l'organisation du parti, le Congrès adopte un ensemble d'objectifs forts, au premier rang desquels l'enjeu des entreprises et celui de la formation, accompagnés de cette remarque critique de la non mise en œuvre des décisions du précédent congrès, et exigeante vis à vis de nos nouvelles directions :

« L’expérience montre qu’il ne suffit pas de faire adopter en congrès un relevé de décisions détaillé. C’est à partir de la conception de notre parti et de l’orientation de notre organisation définies en congrès que les directions devront travailler »

Une  nouvelle direction élue

Notons pour conclure, que le Congrès a élu la direction du parti ; une nouvelle direction, avec un nouveau secrétaire national.

Cela n'était pas programmé à l'avance.

Cela aurait-il eu lieu si le Congrès avait invalidé le contenu du « Manifeste » ?

*Tous les articles du blog (par séries de 25). Cliquer sur le nombre de la série choisie: 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 101 102 103

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de pierre.assante.over-blog.com
  • : Ce blog contient, sous la forme d'essais,de nouvelles, de poésies, une analyse des contradictions du mode de production, des devenirs possibles, en particulier en rapport avec l'activité humaine, le travail, l'ergologie
  • Contact

pierre.assante.over-blog.com

Recherche