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3 janvier 2019 4 03 /01 /janvier /2019 09:26

 

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COMPTE RENDU DE LA

COMMISSION ECONOMIQUE DU PCF DU 18 DECEMBRE 2018

En introduction, Frédéric Boccara a replacé les batailles politiques en cours – mouvement des gilets jaunes, campagne pour le pouvoir d’achat – dans le contexte économique – montée des périls à l’approche du retournement de conjoncture en présence d’une énorme suraccumulation financière – et dans le contexte politique après la réorientation décidée au 38ème congrès pour sortir de l’effacement et affirmer l’action révolutionnaire du PCF dans la bataille d’idées, dans les luttes, dans les institutions et dans la solidarité internationale :
La conjoncture mondiale est dominée par la guerre commerciale, financière et informationnelle lancée par les Etats-Unis de Trump contre la Chine, au détriment du reste du monde et particulièrement de l’Europe. L’utilisation massive de la monnaie n’a pas fait reculer la déflation : tout cela va exploser avec la question du dollar.
En France, la croissance a été faible en 2018 et elle est « empoisonnée », socialement (chômage, pauvreté, inégalités) et écologiquement. Le déficit commercial traduit aussi l’extraversion des multinationales à base française qui réalisent une part majeure de leur valeur ajoutée à l’étranger.
La situation peut faire grandir la conscience qu’une révolution est nécessaire, c’est-à-dire l’inversion des logiques à l’œuvre dans le capitalisme financiarisé en crise.
Inverser la logique, c’est à la fois soutenir la demande (avec la croissance de nouveaux services publics) et renforcer l’offre (une autre production). La sécurisation de l’emploi et de la formation – une exigence qui hante le mouvement social des gilets jaunes même s'il 'l'exprime rarement en ces termes – est le nœud qui relie entre elles ces deux aspects de l’alternative au capitalisme en crise. Mais pour le faire, on se heurte aux prélèvements du capital.
Faire reculer le coût du capital doit servir à utiliser l’argent autrement en agissant par les moyens de l’État, dans les entreprises et sur le crédit bancaire. C’est une logique qui s’organise autour du triangle systémique : poursuite d’objectifs systémiques, conquête des moyens financiers de les atteindre, et pour cela de pouvoirs démocratiques décentralisés.
Ainsi, répondre à la colère des gilets jaunes ne peut pas consister à taxer les entreprises pour payer les salaires à leur place : ce qu’il faut, c’est obliger les entreprises à payer les augmentations de salaires !
Nous proposons trois ordres de mesures :
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  • en matière de fiscalité et de dépenses publiques, le rétablissement de l’ISF, la baisse de la TVA et surtout la hausse de l’impôt sur les sociétés et sa modulation en fonction du comportement des entreprise en matière d’embauche, de formation, de recherche, d’investissement et de salaires ;
  • en ce qui concerne l’argent des entreprises, un pôle financier public élargi pour aider les entreprises à financer une véritable transition écologique et sociale, et des batailles immédiates pour la reprise d’entreprises menacées (Ford Blanquefort). L’argent public dépensé pour le CICE (40 milliards en 2019 sous condition de bas salaires !) serait bien mieux utilisé s’il servait à financer un programme de prêts bonifiés à taux zéro pour les entreprises qui sécurisent l’emploi, la formation et la création de richesses dans les territoires, avec une super-bonification pour les PME ;
  • en ce qui concerne l’argent des banques, la dénonciation de l’absence de critères d’efficacité sociale dans l’attribution des 700 milliards de refinancement de la BCE à taux 0 ou négatif pour les banques, et des 2 600 milliards injectés par achats de titres sur les marchés financiers. Le financement par cette création monétaire d’un fonds de développement économique, social et écologique européen pour le développement des services publics pourrait être anticipé dès maintenant par l’intervention d’institutions financières publiques (CDC, BPI France, Banque européenne d’investissements).

Le grand problème c’est la jonction entre la colère et les luttes dans les entreprises et les banques. Nous proposons la convocation, dans les régions et au niveau national, d’assemblées populaires sociales, écologiques et financières.

Clément Roll a ensuite présenté la note sur le financement de l’augmentation du SMIC et de tous les salaires, qui sert de support à la campagne du PCF pour le pouvoir d’achat.

Fanny Chartier a présenté son étude sur la CSG et le financement de la Sécurité sociale, également à paraître dans le prochain numéro d’Economie et politique. 

La discussion a souligné l’urgence d’une mise en œuvre offensive de la réorientation décidée au congrès. Il s’agit de progresser fortement dans l’action concrète, sans perdre de vue, bien sûr, que « sans théorie révolutionnaire, pas de pratique révolutionnaire ».

Les échanges ont en particulier porté sur

  • l’appréciation du mouvement des gilets jaunes, de ses ambivalences et de son potentiel révolutionnaire, en particulier par l’exigence démocratique dont il est porteur ;
  • la concomitance entre la maturation de la crise systémique et le tournant décidé par le 38ème congrès ;
  • l’importance de notre contribution à la relance de la présence du PCF dans les entreprises ;
  • le besoin énorme de formation à tous les niveaux du parti, et le besoin d’y consacrer les moyens nécessaires ;
  • l’appel à un prélèvement à la source de l’impôt sur les sociétés, qui fait mouche dans l’opinion et qui a déjà fait l’objet d’une proposition de loi des députés communistes. Fondamentalement, il est juste que le prélèvement fiscal sur la valeur ajoutée et les profits soit opéré là où ils sont produits : mais il faut pour cela des pouvoirs nouveaux des salariés dans les entreprises. Il ne s’agit pas seulement d’agir sur la répartition des richesses mais, plus fondamentalement, sur les pouvoirs qui déterminent comment et dans quels buts elles sont produites ;
  • le caractère structurant de la campagne sur le coût du capital et pour une autre utilisation de l’argent, décidée par le congrès dans les termes suivants : « Sur l'ensemble des questions de classes et de lutte pour l'égalité et l'émancipation, nous voulons construire des campagnes dans la durée. Aussi, outre les fronts que les luttes et l’actualité imposent, nous décidons d’une campagne permanente sur le coût du capital et sur la démocratisation du pouvoir dans l'entreprise. Nous voulons faire grandir la contestation radicale des critères de rentabilité imposés par le patronat, les actionnaires, les banques et les marchés financiers. Et indissociablement, nous voulons leur opposer le besoin d'une autre utilisation de l’argent pour l’emploi, la formation, la création de richesses dans les territoires, la satisfaction des revendications sociales et des besoins écologiques. Jugée importante par les communistes, cette campagne pourrait être transversale à nos différentes batailles et les renforcerait ». Dénoncer le coût du capital et agir pour une autre utilisation de l’argent, c’est ainsi ouvrir la voie à la prise en compte du caractère révolutionnaire des questions politiques posées au moment où la colère sociale bute contre le « mur de l’argent », sans avoir toujours clairement conscience que l’obstacle, c’est le capital. Le coût du capital, ce n’est pas seulement l’argent perçu en excès par les méchants actionnaires, qu’il suffirait de redistribuer aux pauvres. C’est une norme de taux de profit, conduisant à sélectionner les placements et investissements annonçant la rentabilité la plus élevée même s’ils ne s’accompagnent pas d’une création de valeur ajoutée à la hauteur des moyens financiers mobilisés, et à éliminer au contraire des projets qui présenteraient un caractère d’efficacité économique (création de valeur ajoutée en économisant le capital matériel et financier) sociale (emploi, salaires, formation et, de façon générale, toutes les dépenses qui concourent au développement des capacités humaines) et écologique (économies d’énergie et de matières premières) ;
  • le déploiement de ces propositions et de ces argumentations dans la campagne des élections européennes.

 La réunion s’est conclue sur les décisions suivantes :

  1. élargissement du collectif d’animation de la commission ;
  2. campagne sur le coût du capital : réalisation d’une brochure militante, de vidéos, et d’un tract, pour contribuer à la campagne pour le pouvoir d’achat ;
  3. constitution d’un groupe de travail sur la fiscalité des entreprises : « prélèvement à la source » et modulation du taux de l’impôt sur les sociétés en fonction de la politique de l’entreprise en matière d’emploi, de formation, de salaires ;
  4. proposition d’expérimenter des mobilisations locales, en commençant par un ou deux départements où des forces sont disponibles, autour de « cahiers de doléance », depuis la mise en cause de l’utilisation du CICE par les entreprises du territoire jusqu’à nos propositions sur le crédit et la fiscalité ;
  5. organisation d’une nouvelle rencontre sur Alstom, courant janvier, au CESE ;
  6. campagne européenne : organisation d’une rencontre (avec la participation de syndicalistes, de responsables politiques et de nos candidats), en avril, sur la proposition de fonds de développement économique, social et écologique européen qui est à la jonction des points clés de la campagne : l’Europe, l’argent, l’écologie, les services publics ;
  7. Economie et politique : le prochain numéro comprendra un dossier sur la campagne pour le pouvoir d’achat et contre le coût du capital, grandement nourri par les travaux de la réunion d’aujourd’hui. A plus longue échéance, la nouvelle situation politique justifie de nouvelles ambitions pour la revue. Un amendement voté au congrès après débat a réaffirmé son rôle de revue du Parti communiste français, au côté de Cause commune et de Progressistes. Le conseil de rédaction se réunira en début d’année pour prendre en compte cette nouvelle situation ;
  8. relance de la présence de la commission économique sur les réseaux sociaux. Poursuite du travail engagé pour publier régulièrement des vidéos sur des sujets d’actualité et des vidéos pédagogiques ;
  9. événement Paul Boccara : nous envisageons une rencontre, au siège du PCF, où serait évoqué le souvenir du grand théoricien marxiste par ceux qui l’ont connu, et qui serait, tout autant, un moment de débat et de mobilisation autour de ses travaux. Le thème qui paraît convenir en cette période politique pourrait être de mettre en valeur en quoi il a contribué à émanciper la politique du PCF du dogmatisme soviétique, et à ouvrir ainsi la perspective d’une novation théorique et politique qui reste à développer aujourd’hui, après le pas en avant franchi au 38ème congrès. Cet événement marquera le processus de lancement de la fondation Paul-Boccara ;
  10. organisation de la commission économique : les correspondants de la commission contribuent traditionnellement à ses travaux en fonction des sujets qui correspondent à leurs centres d’intérêt : nous vous invitons à indiquer sur ce petit questionnaire en ligne les thèmes sur lesquels vous souhaitez plus particulièrement apporter votre contribution. En outre, il convient désormais de définir plus précisément un certain nombre de tâches opérationnelles : alimentation de la direction du PCF en notes de politique économique et en chiffrages, campagne « coût du capital », mondialisation, lien au parti (fédérations, autres commissions de travail), aide à l’action du PCF dans les entreprises, formation, communication, Economie et politique, Lettre du RAPSE.

LIRE: http://pierre.assante.over-blog.com/2018/12/l-existence-de-reserves-d-alternative.condense-d-articles-de-decembre-2018.html

 

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