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13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 07:51
______________L'essai complet

 

ATTENTION, ce texte comme les autres, contient une publicité du serveur. Poursuivre la lecture au-dessous après la pub.

 

SUR LE TRAVAIL

Extrait de La metamorphose du travail, 

essai, 

rEPRISE d'un texte du 25 juillet 2007

Comment l’inversion économique des échanges est « LA » condition matérielle de vie DANS UN MODE DE PRODUCTION HISTORIQUEMENT DETERMINE

 

1 Dans le phénomène de pourrissement de la démocratie représentative, n’y a-t-il pas, contradictoirement, développement des conditions du développement des éléments du pouvoir des producteurs ?
2 L'on croit faire une synthèse et l'on fait une erreur composée...
Pourquoi ne pas repartir de l'échec, ou de la dernière avancée, ce qui est la même chose,

pour trouver de nouvelles voies plutôt que de faire table rase.

 

La contradiction dans laquelle nous vivons semble souvent incompréhensible. Des avancées immenses ont été faites en matière de santé, d’éducation, etc. Les techniques ont décuplé les forces humaines. Les comportements humains dans les démocraties semblent être mus majoritairement par un esprit de solidarité, de coopération, de respect des autres.

Pourtant ces efforts des personnes aspirant à cette paix, cette vie en commun, ne se concrétisent pas socialement.

Le mode de production ne le permet pas. Les échanges entre les personnes ne sont pas de nature à faciliter les rapports auxquelles elles aspirent : les échanges n’ont pas pour base les besoins de chacun et l’échange du travail que chacun peut faire pour soi et pour l’autre. La base des rapports, c’est l’accumulation monétaire, pour dire la chose simplement. On n’échange pas un travail, un objet contre un autre travail, un autre objet dont on a besoin, mais on échange à partir de l’argent, et l’individu, le groupe qui a le plus accumulé entre en rapport de domination avec les autres.

Ce n’est pas au niveau individuel que ce « mécanisme » fonctionne. Mais au niveau d’un groupe élargi et aujourd’hui de la planète. C’est la circulation du CAPITAL global qui permet de reproduire l’humanité. Dans tous les aspects de son activité, travail, loisirs, contraintes, désirs.

Il n’est pas question de développer ce que Marx a très bien développé et qui est présenté ici sous une forme un peu anecdotique, pour faciliter l’abord et la lecture de cet article. Marx explique bien comment s’est « renversé » l’échange humain basé sur l’échange des marchandises de toutes sortes nécessaires à la vie humaines (de l’utilitaire le plus immédiat au « bien culturel »). L’échange, dans son évolution est passé par la monnaie, pour simplifier la circulation des marchandises. Marx décrit l’échange par la formule simple M-A-M’, c'est-à-dire que la circulation se fait d’une marchandise M vers la production d’une autre marchandise M’ en passant par l’échange monétaire argent A. Car de même qu’on ne peut pas couper une plante en trois, racine, tronc, feuillage et la garder vivante, on ne peut pas couper en trois la vie humaine en production, distribution, consommation. Le processus de production, celui de distribution, celui de consommation est en fait un processus unique, comme toutes les fonctions de la plante sont un processus unique. Mais la comparaison s’arrête là : le processus de production chez l’humain fait appel à une activité propre à l’humain, le processus de la pensée. Ce processus est à la fois collectif et à la fois personnel, et l’autonomie de la pensée peut prendre une grande distance avec les besoins vitaux humains. La pensée de Hitler, du groupe humain qu’il concrétisait, par exemple démontre cette autonomie, sur un plan négatif. Cet exemple négatif pour la personne et l’espèce humaine est heureusement compensé par des autonomies positives qui depuis que l’espèce humaine existe lui ont permis tous les progrès que nous connaissons. Mais la mise à disposition de toute l’humanité de ces progrès dépend du mode d’échange mis à disposition de l’humain, et c’est là que nous revenons à la formule de l’échange.

L’évolution des échanges telle qu’elle s’est faite les a inversés, avons-nous dit : de moyens d’échange, l’argent (A) est devenu le but de l’échange, et le moyen de domination pour la personne et le groupe qui l’accumule. De M-A-M’, l’échange est devenu A-M-A’ : le groupe possesseur de l’argent produit des marchandises pour accroître l’accumulation de l’argent. Au bout de cette dérive, c’est le capital en tant que puissance financière et non en tant que puissance productive qui domine. Cette domination va influer sur les choix en matière de développement, sur la qualité du développement, leur correspondance ou non avec les besoins humains. Les catastrophes humaines que nous connaissons trouvent dans ce type de fonctionnement l’aliment premier, essentiel.

Mais la catastrophe ne s’arrête pas là. Dans un mode de vie où chaque personne, pour répondre à ses besoins quotidiens, doit se soumettre inconsciemment ou non au type d’échange A-M-A’ , toute son « âme », c'est-à-dire, tous ses modes de se comporter et de penser vont se soumettre au mode de production et d’échange A-M-A’.

Marx disait qu’un despote ne peut exister que si il a une fonction, c'est-à-dire, qu’il ne peut exister que par la contribution et à l’accord tacite de ceux qui y sont soumis et qui ont besoin de cette fonction. La question de fond est : comment remplacer le despotisme du CAPITAL par un mode d’administration de la société dont les besoins humains soient le centre. Comment faire pour que la définition des besoins ne soit pas déterminée arbitrairement, laisse la place à la réalisation personnelle sous toutes les formes désirées et permette une cohérence globale de l’activité humaine.

Je vous recommande la conclusion de Marx contenue dans ses manuscrits de 1844 sur le comportement humain face à l’argent, ce texte n’a pas pris une ride et il constitue une excellente introduction à l’analyse plus aride du fonctionnement du capital, contenue elle dans les trois livre du capital. Marx y tourne le capital comme un objet dans ses mains pour le voir sous tous ses angles, sous tous ses aspects, et en tant que processus qui se poursuit aujourd’hui et dont pour devons nous efforcer de comprendre le fonctionnement actuel. Je pense que les bases, les fondations marxienne restent un élément constant pour cette compréhension.

A ce stade de la réflexion, je vous soumet une série de questions liées à ce « comment », série de question qui ont comme centre ce qui permet de reproduire l’humain, son travail, non en tant que contrainte parmi les contraintes naturelles et sociales, mais en tant qu’activité libre, réalisatrice du corps-soi.

 

Voici ces questions :

 

1 comment l’inversion économique des échanges est LA condition matérielle de vie

 

2 Lutte des entités en tant qu’entité et échange entre l’entité et le milieu « extérieur » pour vivre.

 

3 L’outil capital, la reproduction de la société qu’est sa circulation, et l’inversion qu’il représente des échanges, est-il en contradiction avec le besoin d’échange au point d’en arriver à l’extrémité d’un blocage suffisant de l’échange pour menacer la reproduction de la société.

 

4 dans le cas où l’hypothèse précédente serait vraie, la solution est-elle :

A) un retour de A-M-A’ vers M-A-M’,

B) une évolution de A-M-A’ satisfaisante pour l’échange,

C) le remplacement du marché par une autre forme de distribution

a) distribution autoritaire

b) distribution par des micro-centres en rapport avec une cohérence centrale, sur la base de la conscience collective des besoins de chaque individu, de chaque micro-centre, des besoins de cohérence généralisée (démocratie généralisée).

 

5 à partir du 1 (comment l’inversion économique des échanges est LA condition matérielle de vie), comment la condition matérielle de vie qu’est la reproduction A-M-A’ est d’abord l’inconscient individuel dans l’inconscient collectif puis le conscient individuel dans le conscient collectif non critique

et

pourrait devenir le conscient individuel dans le conscient collectif  critique capable de transformer la société et son mode de reproduction par un mode de reproduction viable.

 

6 il est admis, par la norme de pensée, qu’un mode de reproduction de la société doit être basé sur la solidarité. Pourtant la reproduction A-M-A’ donne tous les signes concrets et abstraits (l’un dans l’autre) de contradictions avec l’exercice de la solidarité.

A) ces contradictions sont-elles à même de susciter, à l’intérieur de la reproduction A-M-A’ des évolutions contradictoires avec les blocages, la non solidarité qu’elle engendre dans la phase actuelle ?

B) ces contradictions ne peuvent-elles être résolues que par une « rupture »-renversement des conditions matérielles d’échange. Les dites « ruptures » n’étant que moments dans la durée des transformations, du mouvement des mouvements.

 

7 Production, distribution, consommation ne peuvent pas être scindées, si ce n’est pour l’étude, la gestion, la prévision, c'est-à-dire par une abstraction opérationnelle.

La production est la condition de l’échange. Plus la société peut donner à l’individu d’autonomie, plus la complexité de la dépendance de l’individu de l’ensemble social s’accroît, comme celle de l’ensemble social par rapport au milieu dans lequel il est lui-même partie intriqué.

Dans ce cas le mode de production, et à son origine, l’organisation du travail productif et des activités qu’il permet et engendre (services, production dite « immatérielle » et production dite « symbolique », dont la résultante, l’unité, forme l’activité humaine), cette organisation du travail est la condition première de résolution des contradictions arrivées au terme de leur impulsion productive.

 

8 L’hollywodisme de la culture d’entreprise « Gates-Berlusconi-Messier » n’est pas l’origine de l’américanisation de la société mondiale, mais l’américanisation et L’hollywodisme sont la conséquence du mode de reproduction A-M-A’ pénétré dans « l’âme » individuelle elle-même dans « l’âme » collective. Si nous nous imbibons de cette « grande » pensée qu’est celle de Gramsci, il ne faut pas oublier que pour se construire elle était elle-même imbibée des concepts Marxiens, en particulier du concept d’inversion des représentations dans la société marchande et de l’intrication de ces représentations avec les mentalités-activité humaine.

 

9 Le pouvoir qui joue les citoyens l’un contre l’autre dans la culture d’entreprise, contre la solidarité sociale le fait à travers l’organisation du travail. Le lien entre le mode de reproduction A-M-A’, l’organisation du travail et cette culture du pouvoir est évident.

 

10 le désaccord entre les forces de transformation n’est pas essentiellement dans la critique du mode de reproduction A-M-A’, quoique cette critique soit absolument nécessaire, mais dans la reconnaissance que cela implique dans la « quotidianité-mimétique-poïétique », connaissance, prospective, du travail.

 

11 la théorie et la réalité des désirs qui sont les moteurs des déterminations individuelles et collectives ne partent pas d’une réalité psychologique en soi, mais de la composition matérielle qui les suscite, de la connaissance de cette composition matérielle, des besoins « pour soi » que sa survie exige.

 

12 le travail en soi est voilé par la culture d’entreprise qui, contradictoirement se revendique du désir, c'est-à-dire de la consommation, d’autant qu’elle a besoin d’inciter le consommateur et de reléguer le producteur à son rang de « machine productive ». Par contre à terme, ce processus d’incitation du consommateur et de relégation du producteur à son rang de « machine productive », entre en contradiction violente avec la productivité, d’où le retour sarkosien à l’incitation au travail sur la base d’une division du travail aggravée qui elle-même entre dans le processus de crise de la productivité. Ainsi la revalorisation du travail ne peut que passer par la résolution de la contradiction induite par A-M-A’ à laquelle seule une vision et une organisation révolutionnaire du travail peut répondre  (1).

 

Pierre Assante 25 juillet 2007

 

(1) Post Scriptum : La suite de ces interrogations est dans les articles faisant références aux analyses et propositions de la commission économique du PCF et les réserves d'alternative énoncées par les ergologues progressistes. P.A. 09.01.2019

 

VOIR CI DESSOUS LE TEXTE INTEGRAL  : 

http://www.pierreassante.fr/dossier/BLOG_LA_METAMORPHOSE_DU_TRAVAIL_5.pdf

 

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