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24 décembre 2018 1 24 /12 /décembre /2018 09:49

« 100 intellectuels s’engagent

pour un post-capitalisme"

une autre voie pour l’humanité

 

 

Une catharsis libératrice

émanant de ces cheminements 

est possible.

 

Le sentiment de satisfaction ou d’insatisfaction est une réaction du corps en réaction à une situation donnée.

Dans le contexte global, en unité des « possibles » imaginés et intégrés d’un moment de la relation individuelle entre la personne et la société, toujours en unité, ce sentiment va être un élément de détermination de choix. Choix d’agir ou de non agir, avec les multiples possibles de choix. Choix non mécaniques et non prédéterminés mais éléments d’un processus accumulé.  ....suite après la publicité...

 

Chez la paramécie, le « sentiment » est biologique, chez l’homme « biologico-neuro-psychique », c’est le corps-soi social (le concept de corps-soi contient déjà en soi l'épithète de social). Mais il y a toujours chez l’une comme chez l’autre, appropriation (Aneignung disent Marx, Sève et Y. Schwartz) du processus antécédent. Sans doute depuis la formation de l’univers connu… Il n’y a jamais abandon du processus antécédent, mais transformation d’un réel non prédéterminant mais processuel.

 

Dans les choix humains les normes antécédentes individuelles dans les normes antécédentes collectives, sociales, procèdent par sauts micro dans les sauts macro, c’est la constitution matérielle discrète (dans une constitution continue plus « fine encore ?). Mais pour la solution immédiate et à courts termes de nos besoins, indépendamment des savoirs non atteints, mais en facteur de nos savoir « de survie et de développement » atteints, historiques, du moment, cette question de fond du continu et du discret n’est pas à notre portée sinon d’une façon intuitive développée sur l’observation empirique et scientifique accumulées en mouvement.

 

En ce sens de même que cette continuité de faits, de processus, et des sauts qu’elle contient, le mouvement des idées dans leur processus a une autonomie par rapport aux conditions matérielles qui les ont produites. Le terme « conditions matérielles » étant de fait une sorte de tautologie. De même les sentiments et ceux de satisfaction et d’insatisfaction sont autonomes des conditions qui les ont produites initialement (initialement au sens relatif d’un moment initial historique), conditions dont la multiplicité et la diversité, infinies, sont insaisissable sinon, de même par intuition, c’est-à-dire dans un rassemblement mental qui inclut certes des savoirs normés, mais une infinie appropriation du processus et des processus dans le processus qui fait de nous un élément de la nature dépendant et relativement autonome. Depuis l’antiquité les débats théologiques divisent en volonté de Dieu et volonté de l’homme. L’intuition animale primitive et les débuts de l’hominisation rassemblaient sans doute ce que le rapport au pouvoir d’un chef abstrait, chef de chefs de clan, Pharaon, Roi et Dieu, a divisé et qu’il faut rassembler à nouveau.  Le débat théorique, dialectique, rassemble dans le rapport entre l’autocréation de l’homme par lui-même et les transformations sociales de la nécessité naturelle et sociale dans l’effort commun social de subsistances dans lequel la pensée, son mouvement, son processus, est devenue l’outil des outils du processus humain général.

 

La nécessité, l’anankè, conçue comme immuable va de pair avec une vision de la société de classe immuable, ses inégalités, ses dominations, dans la résolution des besoins « matériels et moraux ». C’est la fonction provisoire, dépassable, du despotisme. Sentiment « d’Immuabilité » dans les modes d’exploitation normés, leurs transformations et l’infinité de réalités que la norme d’exploitation dénormalisée-renormalisée  contient sans en changer qualitativement de forme et de fond.

 

L’autonomie des idées et des sentiments par rapport aux conditions qui les ont fait naître font que leur mouvement à l’intérieur d’une phase d’un processus est en contradiction majeure avec le besoin de transformation et de passage à une autre phase d’ordre qualitatif. C’est bien la contradiction de notre temps qui voit l’humanité acquérir des moyens de transformation qualitatifs de son essence, des moyens de transformation qualitative pouvant la placer en tant que conscience en mouvement de la nature sur elle-même à un niveau universel, comme élément global d’intervention cosmique.

 

Certes cette intervention cosmique de l’humanité terrestre sur elle-même existe et est liée dès sa formation, dès les prémices de l’hominisation à des propriétés physique (autre tautologie) de la nature qui ne peuvent exister hors de la nature évidemment, qui sont donc contenues dans tout mouvement de la nature, sans faire de ce principe quelque conception divine que ce soit, l’athéisme étant une forme extrême, négation limitée du théisme (et non négation de la négation) que le rapport libre de l’homme à la nature, à sa société, le dépassement de la société de classe, devrait dissoudre.

 

Oui c’est bien la contradiction d’une société possédant des moyens très développés de sa transformation qualitative à un stade supérieur de ses relations avec elle-même et avec la nature en unité, excepté la liberté de choix aliéné par la pression de la force militaire, institutionnelle et idéologique combinées que ces moyens donnent à la classe exploitante. Marx avait-il la possibilité de prévoir, d’intuition, l’intervention de la numérisation mondialisée et sa « pensée numériquement informationnalisée », l’intelligence artificielle, l’automatisation, l’algorithmisation, dans l’usage que pouvait en faire la bourgeoisie et aujourd’hui les détenteurs mondiaux du mouvement du capital et ses privilège ? Sans doute en partie dans les prémices de l’automation industrielle et le rapport de la force de travail et de ses transformations avec elle. Performances, performances…

 

Savoir cela est la condition de dépassement du stade de développement économique actuel et de toutes les caractéristiques capitalistes des activités humaines qu’il contient, la suraccumulation-dévalorisation du capital et ses effets sur les choix des subsistances matérielle et morale de survie et de développement étant au cœur des contradictions que le rapport de force et d’aliénation du travail et de la force de travail, des produits de consommation et de production et des gestes de production des produits que maintiennent l’armée, la culture, les institutions et l’idéologie dominante en unité.

 

Les « moments » de régénération (au sens large, social) parental, travail, informationnel, politique, distingués en et dans les sous-systèmes par Paul Boccara, inscrits dans une posture d’Yves Schwartz d’un « dispositif dynamique a trois pôles, des savoirs formalisés, des savoirs-valeur et le pole du monde commun à construire constituent une unité de vision en formation à rassembler.

 

Les réserves d’alternatives accumulées ouvrent d’immenses possibilités d’immense pouvoir de progrès dans sa situation cosmique (au sens concret contenant les subsistances biologiques et les subsistances symboliques et non dans un sens mystique) de l’humanité sur elle-même.

 

L’excellente et judicieuse proposition d’André Prone d’ouvrir une réflexion extrêmement diverse mais décousue par force de « 100 intellectuels s’engageant pour un post-capitalisme, une autre voie pour l’humanité » (Editions Delga, Décembre 2018) est étonnante de résultats à prendre en compte. Propositions éclatées, erreurs composées ou pas qui rassemblées, synthétisées,  et non « ajoutées » peuvent se débarrasser de leur isolement de la globalité du réel qui en feraient pour de bon des erreurs composées, intéressantes mais non « concluantes », au moins dans le moment du processus global. Une catharsis libératrice émanant de ces cheminements, reflets intellectuels de cheminements en recherche de cohérence existant dans toute la société, tous les humain.e.s, est possible, alliant « l’horizontal » qui rassemble et le « vertical » qui ensemble donnent cohérence à un projet dans lequel, entre autre, le rapport de force physique entre en compte. La puissance des groupes économico-financiers mondiaux, plus puissant que les Etats, dont le taux de profit déterminent les choix de subsistance et de société agissent par un pouvoir vertical qui organise horizontalement la production et les gestes de la production et l’exploitation de l’homme dans la production. Cette verticalité est un besoin supplémentaire dans la lutte des exploités contre l’exploitation verticale aussi jusqu’à son abolition et celle de l’Etat.

 

Certes, le développement d’un individu de l’espèce humaine, c’est le développement de la personnalité de l’individu de l’espèce humaine. En ce sens Lucien Sève après Marx et cette forme de pensée considère le communisme comme un développement de l’individualisme dans et pour l’effort commun. Mais ne vaut-il pas mieux simplifier le concept de cette façon : plus la société se complexifie pour répondre au développement de ses besoins, plus les capacités individuelles nécessaires au développement global de la société dont l’individu de l’espèce a besoin doivent se développer. Ainsi, c’est la croissance de l’autonomie de l’individu par rapport à sa société qui assure la croissance des capacités de la société. Contradictoirement et dialectiquement, croissance de l’autonomie de l’individu et croissance de la dépendance de l’individu à sa société et à la nature dont il fait partie vont de pair. C’est de l’ordre de la contradiction fertile de la défense individuelle de l’individu d’une espèce à l’intérieur de son espèce qui assure la défense de l’espèce. Paradigme qu’on peut tenter d’imaginer dans de multiples sujets et situations, pour le plaisir de la réflexion et pour l’utilité qui va de pair.

 

Le développement cérébral de l’enfant issu de la transmission génétique alliée à l’épigénétique doit s’accorder en rapport réciproque dialectique, en aller-retour entre la « mise en ordre des perceptions » et la constitution des aptitudes mentales, avec le développement culturel, social. C’est ce qui se produit avec la régénération parentale au sens large et ses "rythmes" à respecter et l’ensemble des régénérations précédemment citées que constituent les activités humaines de la personne dans les activités de la société. Et ce qui ne se produit pas si l’enfant est privé de contacts humains, sociaux. Certes le développement social est fait d’infinité de développements et la concordance relative entre le développement biologique et le développement culturel contient des inégalités multiples de développement. C’est sans doute ces inégalités, « ces décalages, ces rattrapages » qui constituent, avec et dans les perceptions et expériences uniques de l’individu, une part de la personnalité de l’individu et du système mental unique de chaque individu, de la constitution des systèmes de concepts en mouvement permanent de dénormalisation-renormalisation. " ‘Je’ est un autre" disait Rimbaud. Dans les remarques de Freud sur ses «Trois essais sur la théorie sexuelle », la troisième préface précise « …la prédisposition  phylogénétique se fait remarquer derrière le processus ontogénétique. Mais la disposition est au fond justement le précipité d’un vécu  antérieur de l’espèce… » Et plus loin « ...Il me faut souligner, parmi les caractéristiques [de mon travail], son indépendance délibérée vis-à-vis de la recherche biologique… », ce qui pourrait faire resurgir dans le travail rationnel qui est le sien l’irrationnel et le religieux de la séparation conceptuelle corps/esprit. Remarque élémentaire et sans doute faut-il réfléchir à cette remarque qui appelle à une critique que fait ensuite Freud sur lui-même et ses recherches, à la lumière de tout ce qui est dit précédemment dans cet article et qui ne m'est pas proprement personnel, évidemment, remarque cette fois personnelle qui se veut auto-ironique et qui illustrerait ainsi en « conclusion » le rapport de l’individu et de l’espèce.

 

L’économie politique, ses grands créateurs, des économistes anglais aux économistes marxistes ont été supplantés par une comptabilité étroite et sophistiquée s’appuyant sur toutes les technologies  numériques utilisant mathématiques et algorithmes mises au service de cette comptabilité. C’est le triomphe d’un praticisme quotidien borné au détriment des idées. C’est le règne de la gestion de l’argent au détriment de la production et des besoins vitaux de l’humanité au moment même où l’humanité pourrait se libérer d’une part des contraintes des subsistances  immédiates et envisager une véritable prospective de développement de ses qualités propres : la pensée issue du travail, la conscience issue de la pensée, sa place en tant qu’espèce dans le mouvement de complexification de la nature. La bourgeoise arrive au bout d’une idéologie conforme à ses buts : l’action quotidienne d’accumulation de l’argent comme but unique généralisé, le capital monopoliste mondialisé numériquement informationnalisé, globalement financiarisé. C’est sa « morale » et son mode d’être.

 

Le 27 mai 1943 (le 27 mai 44, c’était le bombardement américain sur Marseille), quelques « utopiste illuminés » diraient nos praticiens d’aujourd’hui se jugeant  très concrets, imaginaient, dans la noirceur de la clandestinité d’un pays occupé par les nazi,  décidaient lumineusement d’unir les mouvements de résistance, chasser l’occupant, créer les lois sociales qui sont les nôtres depuis la Libération. C’était la création du CNR. Certes ils se sont appuyés ensuite sur le débarquement allié qui s’est appuyé lui-même sur la formidable bataille de Stalingrad, sans doute une des plus monumentales et tragiques de l’histoire de l’humanité, qui a marqué un recul déterminant des armées nazi dont la majorité des divisions se trouvaient en Union soviétique, remarque qui ne constitue pas un éloge du stalinisme, mais d’un peuple et des idées sociales et de résistance qu’il portait, autonomément du pouvoir en place.

La différence entre un praticisme quotidien et la construction permanente du processus humain, car c’est une construction permanente et non un acquis éternel figé, c’est que les humains usent de leurs idées, de leurs analyses du processus dont on ne perçoit la réalité qu’après coup, pour pouvoir le poursuivre. Sinon le processus s’arrête plus ou moins lentement, plus ou moins vite et meurt.

 

Le praticisme quotidien étroit est devenu la philosophie des masses humaines. En ce sens on peut croire que le capital a gagné la lutte de classe, comme l’affirment certains maitres de la finance pendant que d’autres le pensent tout bas sans le dire en s’en réjouissant. Mais c’est à mon sens une erreur, même si ils ont réussi à renverser le rapport de force de la Libération, car cette inversion se retourne contre eux et précipite leur crise, certes sans issue immédiate apparente. Cependant les réserves d’alternative qui n’apparaissent pas existent bel et bien sinon la mort du processus aurait déjà eu lieu. L’emballement des fièvres protestataires de toutes sortes répondant aux conditions de vie matérielle et morales aggravées par la crise du capitalisme, qui ne montrent pas de cohérence en matière de projet tout en posant des questions partielles pertinentes concernant les moyens immédiats de vivre, illustrent cette philosophie et pose la question d’une nouvelle révolution philosophique.

 

Révolutions philosophique et économique sont liées. Et la révolution d’aujourd’hui ne peut être celle des Lumières et d’une bourgeoisie en quête de droits et d’égalité face à une aristocratie freinant et bloquant le développement des forces productives, mais une révolution ergologique, du rapport de l’activité avec l’organisation de l’activité, dans sa complexification, son infinie diversité.

Un usage de soi en santé par la société est un usage de soi par soi se fixant consciemment la satisfaction des besoins collectifs dont dépendent les besoins individuels.

Quant à la révolution économique, l’existence d’un renouveau contenu dans les progrès des analyses économiques néomarxistes dans le Parti Communiste dont le dernier congrès, malgré ses limites, a affirmé une présence dont Paul Boccara et les économistes de la ComEco qui poursuivent son travail  sont porteurs, démontrent l’existence des réserves d’alternatives, affirmées par Yves Schwartz ,et des possibilités de leur investissement pratique et théorique dans la société au fur et à mesure que toutes les tentatives libérales de sortie de crise auront fait la démonstration de leur impuissance et de leurs échecs.

 

Pierre Assante, 24-26 décembre 2018.

 

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