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16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 09:11

 

Sur les épaules du prolétariat,

DU SALARIAT.

 

Publié une première fois le 12 février 2018

 

 

De la Révolution de 1848 à nos jours, les transformations sociales se sont effectuées « sur les épaules du salariat ». Les avancées des forces productives et de la civilisation, se sont faites sans qu’un pouvoir soit exercé directement  par les salariés, les producteurs, sans qu’une autogestion de la production et des échanges donne les pouvoirs aux salariés et à la population dans une alliance, pour une démocratie du « que, quoi, comment produire » les biens nécessaires à la vie humaine, et des institutions de la cité au sens large correspondantes.

 

In fine Le patronat des multinationales géantes plus puissantes que les Etats, est le grand organisateur du travail et des droits du travail, du marché et du mode de vie, au service de son drainage mondial des capitaux et de son renflouement permanent de la tendance à la baisse du taux de profit dans le mouvement de composition et recomposition du capital, l'accroissement du capital constant, la guerre économique et militaire qui s'en suit, et au détriment des besoins humains, "la paix, le pain et les roses". Et évidemment l'impérialisme le plus puissant comme chef d'orchestre. J'ai utilisé précédemment l’imparfait, mais évidemment, les avancées se font toujours sur les épaules du prolétariat, malgré les succès qu’il a pu obtenir par son action et ses alliances. On peut même dire que ses succès ont constitué des « paliers de progrès » qui demandent des efforts de dépassements permanents, mais contiennent aussi des arrêts relatifs et aussi des régressions dans lesquelles s’accumulent de nouvelles possibilités de transformation en santé. Cette accumulation constitue l’état présent de l’homme et de la société, dans leurs multiplicités, leurs différences et leur unité.

 

De la révolution bourgeoise à nos jours, le développement des forces productives et les luttes ouvrières permettaient ces avancées. Elles ne constituaient pas encore le libre développement de tous dans le travail et en dehors du travail c’est-à-dire dans et par une réduction possible du temps de travail et une abondance et une qualité productrice nécessaires à un travail devenu activité tout court et une activité libérée de la contrainte de la vente-achat de la force de travail et son aliénation. L’insuffisance quantitative et qualitative des forces productives constituaient  un rapport de force dans des rapports sociaux défavorables au dépassement des contradictions du type de processus d’échange A-M-A’ (Argent-Marchandise-Argent plus), les hommes et leur culture d’un moment historique étant  inclus dans les forces productives. Les machines, éléments de même des forces productives en unité en tant que prolongement de leur corps. Il faut rappeler que le développement de l’intelligence humaine et le processus de la conscience qui en est induit, est issu du travail, du développement de la transformation de la nature par l’activité humaine, sa complexification et son autonomisation relative des conditions biologiques initiales. La nécessité est une réalité, mais une réalité en changement en fonction de l’évolution des capacités d’autocréation de l’homme et de l’humanité, donc de leur action concertée, du niveau de coopération de construction sociale.

 

Le XXIème siècle, l’état de la révolution scientifique et technique, la mondialisation numérisée pose la possibilité non plus d’une avancée « sur les épaules du prolétariat » mais une avancée d’un pouvoir prolétarien représentant la masse des populations, contre une classe détentrice d’un mouvement du capital et de sa suraccumulation paralysante du processus humain, le stérilisant.

 

Une classe en disparition-absorption finale par le prolétariat. Un processus humain inédit et ouvrant une ère nouvelle de l’humanité balayant la société de classe millénaire, et un développement de la personne impétueux, c’est la possibilité de l’humanité aujourd’hui.

Qui dit processus dit étapes : sécurité de l’emploi et de la formation, transformation révolutionnaire du crédit, de la création monétaire au service des besoins humains et développement et en complexification.

 

Pour qu’une société change de normes, c’est-à-dire dépasse les normes antécédentes dans de nouvelles normes, c’est-à-dire procède à une transformation qualitative répondant à l’accumulation quantitative de nouvelles conditions de production et d’échange, il faut que le besoin s’en fasse sentir dans toute la société.

L’apôtre Paul disait déjà, il y a deux siècles, ce n’est pas nouveau : la loi sans la foi est in-opérationnelle.

La coopération des ouvriers, cadres et ingénieurs est la base de la coopération de toute la société. Elle aboutit à une qualification généralisée de tous les producteurs et des échanges par la même occasion.

Cette coopération a besoin d’une direction, au sens propre du sens du mouvement, des mouvements à accomplir, de la société et des organismes qui l’animent : organisme au sens individuel, le corps-soi comme l’organisme collectif, du local au global en passant par les multiples et différentes entités qui constituent des organismes collectifs.

La mondialisation numérisée et les résidus actifs des moyens de production passés et historiques, au sens de leur causalité sur le présent et le futur, ouvrent de nouvelles possibilités.

Si tant est que loi et foi, outils et conviction, organisation et mentalités progressent dans le sens d’une révolution des normes.

 

La révolution est coincée entre deux mouvements des normes existantes : le mouvement de conservation de la droite et l’extrême droite qui procède à un mouvement de « changer tout dans la forme pour que rien ne change sur le fond » c’est-à-dire l’accumulation capitaliste,  et le mouvement gauchiste lui prétend changer « en allant directement au but », c’est-à-dire en sautant par-dessus les processus pour atteindre le but : c’est aussi tout changer pour que rien ne change, c’est un même mouvement s’opposant au mouvement réel de dépassement des normes antécédentes et de construction de nouvelles normes. La revendication d’abolir les traités européens immédiatement sans en créer les conditions politiques, économiques et sociales est un des exemples frappants de ce gauchisme. Le refus d’user de l’état existant de ces traités, à travers l’article 123.2 en est un autre exemple…

Se diriger vers ce que Berlinguer, dans ses tâtonnements, ses aller-retours inventifs et créatifs désignés par le « que, quoi, comment produire » en s’adressant aux ouvriers de la FIAT, est une des premières étincelles de changement de normes en santé dans le monde moderne.

Il faut des femmes et des hommes allant dans ce sens dans le mouvement politique aussi, évidemment.

C’est dire que le PCF, s’il veut gagner de nouveau une influence en santé sur et dans la société doit faire son bilan de son histoire passée et proche et se fixer des objectifs. Les dernières productions de publications par ses dirigeants sont loin de correspondre aux besoins de notre temps.

 

Les dites « couches moyennes » qui recoupent une part de l’ensemble du prolétariat, et le prolétariat le plus avancé au niveau de ses propres conquêtes qui contradictoirement peuvent se retourner en partie contre lui,  n’ont aucun intérêt concret à poursuivre une politique « sur les épaules du prolétariat » global, et entre autre sur plus le prolétariat "le moins avancé", politique qui n’ira pas bien loin et au contraire induit des régressions, au fur et à mesure que les contradiction du système d’échange A-M-A’ et  la suraccumulation-dévalorisation du capital atteignent un paroxysme, s’aggravent dans et par la progression de forces productives elles-mêmes, contradictoirement. Le temps de cette expérience est fini, il faut en prendre note, car à un plus haut niveau de développement, elles se prolétarisent, par l’effet de la politique libérale et par l’effet d’une évolution vers un dépassement du mode de production et d’échange A-M-A’, des forces contradictoires et de l’action humaine en santé sur l’état présent.

 

Une société vit sur des étages historiques des forces productrices, des plus anciennes encore actives aux nouvelles de la mondialisation capitaliste numérisées et dans le legs des cultures que ces forces productives lui ont transmis. Le mort saisit le vif. Le vif a besoins du mort, de l’accumulation mais ne peut la maintenir en l’état sou peine d’être absorber par le mort, de mourir. Ce en quoi l’accumulation capitaliste ne suffit pas à reproduire ka société, d’autant qu’elle appartient à un système obsolète à dépasser dans de nouvelles contradiction, mais dans une strate d’un niveau plus élevé correspondant à répondre aux besoins nouveau que crée le présent, en santé. L’échange humain n’est pas fait que de quantité, mais aussi de qualité en processus. La mesure en quantité « pure », c’est-à-dire en temps de travail moyen nécessaire à une production est obsolète. Le communisme abolit cette mesure. L’abolition de cette mesure passe par un processus historique de transformation-dépassement progressif et radical  des outils sociaux de l’échange capitaliste, son système financier, le crédit,  la création monétaire, dès maintenant *. La sécurisation de l’emploi et-ou de la formation est un outil de ce processus, dès maintenant. Un projet de loi a été déposé par les élus communistes, au cœur de la bataille contre les lois libérale de déconstruction du droit du travail. Les équipes politiques accompagnant le capital, celle de Sarkozy et de Macron en passant par celle de Hollande, comme toutes celles qui ont répondu aux contradictions aggravées du capital par l’austérité depuis les années 1960, ont conduit à une dissolution-rigidification de la société comme de ses lois-tendance du capital qui pèse de plus en plus sur la vie quotidienne et sur le la construction du devenir humain. Le droit du travail, il faut au contraire le transformer en santé, en progrès. Les réactions des organisations syndicales, aussi fortes qu’elles puissent se développer  ne peuvent avoir de débouché que sur un contenu de transformation opérationnelle, c’est-à-dire un contenu politique opérationnel, question posée au prochain congrès du PCF et à des responsables  aptes animer ce contenu.

 

Enfin, l'action humaine, ses acquis accumulés-ses activités présentes-leurs contacts entre elles et avec l'inconnu, constituant dialectiquement  l'unité du mouvement de l'humanité, partant du local, doit s'y ancrer mais non s'y cantonner. Les mesures transitoires ont besoin d'unité au sens d'une coopération dialectique, de la cité, la région, la nation historiquement constituée à dépasser, l'Europe, le Monde au sens des zones mondiales de développement déjà constituées et en constitution et en rassemblement-diversification du réel en mouvement.

 

Pierre Assante, lundi 12 février 2018

 

* Voir Site de la Revue Economie et Politique : http://www.economie-politique.org/

 

QUELQUES RECUEILS ET LIENS de ce blog sur ce lien :

http://pierre.assante.over-blog.com/2018/01/pollution.html

 

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commentaires

B
DIALECTIQUE Lors d'une journée a la peche a la friture j'ai pris un poisson plus résistant que les autres. Je me suis dit : Est ce que je me comporte comme un gauchiste en tirant d'un seul coup , au risque de casser ma monture ou etre plus dialecticien en travaillant le poisson ,tenant compte du rapport de force?
J'ai choisi la 2eme option et le poisson a fini dans ma filoche ,puis dans ma poelle. Cela prend plus de temps ( pas certain) mais c'est plus sur. Daniel
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