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15 février 2018 4 15 /02 /février /2018 03:00

Denis DURAND

Conseil national .10 février 2018

Intervention sur la préparation du congrès du PCF

 

Que le conseil national, instance démocratique de direction du Parti, soit appelé à débattre de textes sur lesquels il n’aura aucune influence puisqu’ils sont déjà en circulation, pose un problème pour la préparation du congrès.

L’énoncé, dans la note « Bilan et avenir de notre démarche stratégique », des « enjeux transformateurs déjà présents dans la société » n’est pas structuré. Il me semble que la question n’est pas tant de « définir des priorités », comme le dit le texte, entre ces enjeux mais de donner une cohérence d’ensemble. C’est à cela que sert un parti révolutionnaire selon Gramsci. Or nous avons les moyens de proposer une cohérence : une prise de pouvoir politique pour imposer la réalisation d’objectifs sociaux et écologiques en mobilisant les moyens d’y parvenir. Cela suppose de s’attaquer au pouvoir du capital, c’est-à-dire au pouvoir de décider de l’utilisation de l’argent.

Le texte évoque un « clivage capital-travail ». Je pense que le mot « clivage » est faible, pour le moins ! On a plutôt affaire à un antagonisme fondamental comportant à la fois une puissante cohérence (la régulation de l’accumulation du capital par le taux de profit) et de profondes contradictions génératrices de crises, qui fondent la nécessité et la possibilité de dépasser le système capitaliste. C’est là-dessus qu’il conviendrait de travailler plutôt que de rabattre l’analyse sur la plate identification de « morceaux de communisme déjà là » dans l’état de choses existant.

 

Cela nous permettrait de faire un travail qui n’est pas fait dans la note : définir ce qui rend possible, malgré les différences et les divergences, des alliances avec d’autres forces, qui ne visent pas à abolir cet état de choses. Il faudrait caractériser ces forces. Qu’entend la note par le rassemblement de « toutes les forces d’opposition et d’alternative à Macron » ? On suppose que la droite n’en fait pas partie. Restent donc, dans le champ politique, les forces issues de l’effondrement de la social-démocratie, qui s’est produit en France comme dans tous les pays occidentaux. Peut-on rechercher un rassemblement avec ceux qui ont opté pour le social-libéralisme ? À mon avis oui mais il faut savoir sur la base de quelle bataille pour imposer une base solide à ce rassemblement. Même remarque à propos des forces qui tentent de régénérer la social-démocratie traditionnelle et son étatisme, en y intégrant le cas échéant, comme le fait Mélenchon, une complaisance envers le nationalisme.

 

Cela nous permettrait aussi de traiter le sujet souvent complexe des alliances potentielles avec d’autres forces en Europe et dans le monde. 

Mais pour cela il faut savoir si nos échecs actuels résultent d’une inadaptation du Parti à la mise en œuvre des choix stratégiques qui ont été tentés avec obstination depuis vingt ans ou de ces choix stratégiques eux-mêmes, et de l’effacement du PCF et de ses idées révolutionnaires auquel ils conduisent. Avoir placé la question du bilan en fin de document n’aide pas à poser efficacement cette question et encore moins à y répondre.

 

 

QUELQUES RECUEILS ET LIENS de ce blog sur ce lien :

http://pierre.assante.over-blog.com/2018/01/pollution.html

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