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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 16:53

 

SEPT BREVES LECONS DE PHYSIQUE, Carlo Rovelli

« Si nous trouvons l’antilope, nous pouvons manger. »

 

Le physicien Carlo Rovelli, « père » de la théorie de la « Gravité quantique à boucle », parmi d'autres, chercheur italien à Luminy-Marseille, termine un ouvrage de vulgarisation sur l’état de la connaissance de la matière et de l’usage de cette connaissance dans la vie quotidienne, par une réflexion plutôt philosophique dont voici un petit extrait :

« …Lorsque nous parlons du Big Bang ou de la structure de l’espace, ce que nous faisons n’est pas la continuation des récits libres et fantastiques que les hommes se sont racontés autour du feu lors de veillées depuis des centaines de milliers d’années. C’est la continuation d’autre chose : du regard de ces mêmes hommes, aux premières lueurs de l’aube, qui cherchent dans la poussière de la savane les traces d’une antilope – scruter les détails de la réalité pour en déduire ce que nous ne voyons pas directement, mais dont nous pouvons suivre les traces. Avec la conscience que nous pouvons toujours nous tromper, et donc prêts a  tout instant à changer d’idée si apparaît une nouvelle trace, mais en sachant aussi que si nous sommes bons, nous comprendrons bien et nous trouverons. Voilà ce qu’est la science.

La confusion entre ces deux différentes activités humaines –inventer des récits et suivre des traces pour trouver quelque chose- est à l’origine de l’incompréhension et de la défiance envers la science d’une partie de la culture contemporaine. La séparation est mince : l’antilope chassée à l’aube n’est pas loin du dieu antilope des récits de la veillée. La frontière est fragile. Les mythes se nourrissent  de la science et la science se nourrit des mythes. Mais la valeur cognitive du savoir demeure : si nous trouvons l’antilope, nous pouvons manger.

Notre savoir réfléchit ainsi le monde. Il le fait plus ou moins bien, mais il reflète le monde que nous habitons.

Cette communication entre nous et le monde n’est pas quelque chose qui nous distingue du reste de la nature. Les choses interagissent continuellement les unes avec les autres et, ce faisant, l’état de chacune d’elle porte la trace de l’état des autres : en ce sens, elles échangent sans arrêt de l’information les unes sur les autres… »

Voilà bien de quoi penser sur comment agir en santé « nourrissante » sur notre quotidien. Les éléments qu’il donne sur la connaissance de la nature et de la matière en mouvement peuvent pourtant être complétés par la connaissance de ce mouvement de la matière qu’est la société, du mouvement de ses lois, du mouvement des lois de l’échange nécessaire à la vie humaine, de sa plus simple manifestation aux plus complexes dans lesquelles se pose concrètement comme métaphoriquement la question : « si nous trouvons l’antilope, nous pouvons manger. »

 C’est sans aller jusqu’aux lois-tendances du capital (ce qui demande un travail scientifique), qui sont les lois qui depuis quelques trois siècles conditionnent ces échanges et notre « manger » simple et complexe que Carlo Rovelli tient son discours philosophique. Mais on peut penser qu’il soit peut-être allé jusque là...

Si Marx partant de l’injustice flagrante de la répression contre les « voleur de bois » pauvres qui doivent trouver des ressources en énergie pour vivre, en arrive à l’étude des lois du capital et des conditions de son dépassement pour poursuivre le processus vital de l’homme et de la société, ce n’est pas un hasard.

Pour répondre aux questions économiques, politiques, écologiques, ergologiques qui se posent de façon pressante à nos civilisations, la conscience que développe entre autre le marxisme non dogmatique et son développement, demeure, malgré les errements de toute pensée dans la pratique humaine, la tâche du présent.

Les connaissances élémentaires et hypothèses de  physique exposées par Carlo Rovelli devraient être en tête de tout un chacun pour lutter contre l’obscurantisme et les régressions culturelles et sociales, malgré les progrès réalisés.

On peut de même affirmer, je crois, que la régression du système de concepts marxistes et les freins à son développement, souvent son absence dans le paysage apparent, met l’humanité en grande difficulté. C’est ce que dirait sans doute Lénine s’il avait à réécrire un nouveau « matérialisme et empiriocriticisme » dans les conditions de la réalité scientifique et sociale de notre temps.

Pierre Assante, 3 décembre 2017

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QUELQUES RECUEILS ET LIENS :

 * Version AUGMENTEE de « PHILO », Le corps, Choix de 11 articles philosophiques  extraits du blog avec dates : ici

http://pierreassante.fr/dossier/LE_CORPS_Receuil_Copie_AUGMENTEE.pdf

*JOURNAL juillet-août 2017  : ici

http://pierreassante.fr/dossier/JOURNAL_juillet_aout_2017.pdf

*Essai sur LA PENSEE MARX : ici

http://pierre.assante.over-blog.com/2017/02/la-pensee-marx-i-ii-iii-iv.html

*Site de la Revue Economie et Politique : http://www.economie-politique.org/

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