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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 08:36

REEL, IREEL, SANTE, MALADIE, INTANGIBLE, IMMATERIEL : il n’existe pas un vocabulaire matérialiste du XXI° siècle.

 

Il n’existe pas un vocabulaire scientifique, philosophique du XXI° siècle. Cela viendra. Un vocabulaire implicite et explicite permettant d’indiquer dans un contexte, le mouvement des forces contradictoires et leur unité dans une vision matérialiste non dogmatique, non réductrice aux acquis scientifiques historiques d’un moment du processus historique, mais prenant en compte ces acquis, comme tous les acquis dans tous les domaines de la vie humaine.

 

Par exemple, il n’y a pas d’irréel, l’irréel est une « vue de l’esprit » qui existe bel et bien concrètement dans les neurones et leur interaction, il n’y a que du réel, qu’il soit tangible ou pas, qu’il soit numérique ou palpable, etc. Comment exprimer et montrer ce qu’on qualifie strictement d’irréel ou de purement idéel dans le vocabulaire imprécis et trompeur d’aujourd’hui ?

Il n’y a pas de travail immatériel, mot fort à la mode au moment de la découverte par la conscience collective du processus de mondialisation numérique et de ce que le travail contient d’impalpable, d’intangible et non payé à un salarié par exemple.

 

Il n’y a que du réel, qu’il soit du réel non advenu, mais existant neurologiquement-psychologiquement, c’est à dire une vision, une pensée non opérationnelle, stérile ou « malade »,  ou au contraire une pensée opérationnelle créatrice de novum (1) en santé. C’est toute la question contenue dans les concepts de dé-adhérence conceptuelle et d’épistémicité schwartziennes (2), que la dé-adhérence soit « savante » ou non, de la santé qu’elle contient ou pas, de poïesis (3) et praxis et de quotidien,  en unité.

Idem pour le mot matière et mouvement, il n’y a pas de non matière, il y a des formes diverses de la matière et de son mouvement, et des perceptions diverses de la matière et son mouvement en fonction de la position spatiale, historique et sociale de, des observateurs.

 

La santé ça existe bien sûr, mais elle inclut la maladie. J’ai déjà maintes fois donné l’exemple de cette tendance à l’équilibre qui n’est pas un équilibre mais la santé d’un mouvement, c’est-à-dire sa perpétuation dans le mouvement, sans « maladie » paralysante et mortelle, et pour la biologie le mouvement de la vie et pour la vie pensante, le mouvement de la pensée.

 

Ceci n’est qu’un bref rappel  lapidaire resituant une pensée et une expression « cubiste ». Le développement, relatif  à mes propres capacités, limitées, est contenu dans ce blog, entre autre dans les 13 numéros de mon bulletin hétérodoxe très perso « la philo du prolo » ou dans les divers opuscules ou livres numériques mis en ligne ou polycopiés, de poésie, d’économie, d’ergologie.

 

Qui y voit du sophisme peut y regarder à deux fois avant d’arrêter son jugement. Merci.

J’admets cependant qu’il existe un mode de pensée et d’expression moins développé (discours politique ou syndical au quotidien par exemple) mais plus accessible, sans être réducteur, en fait non « cubiste ». Les deux formes ne sont ni incompatibles ni « inunissables », et au contraire constituent des étapes opérationnelles de transformation du réel en santé et d’invention non-dogmatique du futur, de la mise en pratique des possibilités ouvertes. Leur dichotomie est l’effet d’un retard conceptuel par rapport à l’état des forces productives, hommes, machines, techniques, sciences, culture au sens large et juste (4).

 

Pierre Assante, lundi 30 octobre 2017

 

(1) Le nouveau en création humaine

(2) Concepts élaborés par le Professeur Yves Schwartz

(3) Forces et mouvement créateur humains, chose et terme qui a donné celui de poésie, qui n’était pas considérée à l’origine comme non opérationnelle en matière d’action sur le réel, et pour une vision scientifique d’aujourd’hui non plus, que la poésie soit « littéraire » au sens strict ou non.

(4) Il fut un temps où les conservateurs concevaient l’activité humaine par « l’atavique ». La grande découverte de la génétique tendait à faire perdurer cette conviction, en la combattant sans la dépasser.

Les progressistes se référaient au « culturel », d’une façon quelque peu unilatérale, non dialectique.

Avec la découverte de l’épigénétique, nous savons que le biologique et le culturel agissent en unité et historiquement; que l’instinct et la raison, l’inconscient, le non-encore-conscient et le conscient, de même, dans une relation réciproque entre la personne et la société, en rapport dialectique.

Nous savons par exemple que le sentiment de beauté d’un corps ou d’un paysage, comme les autres sentiments naturels au sens propre, est lié à la sexualité, à l’acquis épigénétique personnel et générationnel, régulé, tempéré, sublimé ou exacerbé ou tout à la fois par la relation pratique à la réalité historique, de l’individu et de la société ; que le sentiment de douleur « physique » comme autre exemple est un phénomène biologique étudié par les neurosciences, et que le psychique fait partie du biologique chez l’être social pensant qui peut souffrir psychiquement et moralement d’un chagrin d’amour qui est une blessure corporelle d’un autre ordre qu’une coupure par un couteau; et que les sentiments, dans leurs mouvements, leur processus social, obéissent à des besoins humains d’alerte, de réaction et d’action d’une façon à la fois rationnelle et énigmatique pour nous, compte tenu des limites de notre compréhension ; que les sentiments sont naturels parce que le culturel fait partie de la nature, bien que la nature ne soit pas faite que du culturel humain, au sens large ; et qu’il n’y a pas dichotomie pratique et théorique entre la nature et l’homme, l’humanité constituant un processus de « la conscience de la nature sur elle-même » (Marx, 1844) ; que le subjectif et l’objectif ne sont pas des « fonctions » séparées mais agissent en unité, en rapports conflictuels et dialectiques.

Les découvertes électriques et chimiques du processus du corps-soi, de l’être social n’ôtent rien au sublime et au sentiment de sublime de l’humain et de la nature. Elles ne lui ôtent que sa représentation religieuse, les limites et la stérilité de cette représentation religieuse.

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*Essai sur LA PENSEE MARX : ici

http://pierre.assante.over-blog.com/2017/02/la-pensee-marx-i-ii-iii-iv.html

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