Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 10:37

LA DÉCISION DU PRÉSIDENT HOLLANDE

 

 

Les commentaires abordant l’évènement sur le plan strictement électoral et surtout sur le plan moral, et de façon unilatérale n’ont pas manqué.

 

Il me semble que cela soit assez superficiel, et je préfère l’aborder  sur un plan plus général, le contexte du monde d’aujourd’hui et son évolution depuis de longues années sur le plan de la crise économique et ses conséquences sur la vie quotidienne des femmes et des hommes, des jeunes et des vieux ici et dans le monde.

 

Ceci le plus brièvement possible pour être le plus accessible possible

 

Le rapport de force mondial d’après la guerre 1939-1945 a été acté par les accords de Yalta et a été rapidement mis en question parce qu’un rapport de force ne peut rester figé et parce que la question sociale et l’évolution des forces productives et des rapports de production entre dans le rapport de force.

Les accords de Bretton Woods (Création du FMI, règles du Dollar, redistributions respectant le taux de profit maximum, etc.,), sous l’égide intellectuelle de l’économiste Keynes, ont imaginé comment instituer des règles économiques favorables au capital et pouvant lui permettre, sous la houlette du plus puissant, les Etats-Unis, de poursuivre la production, les échanges, sans lesquels il ne peut faire aucun profit, profit qui est sa base de fonctionnement, de échange capitaliste que Marx a décrit par la formule « Argent-Marchandise-Argent’ (ou argent plus) », A-M-A'.

 

Dans ce type d’échange, la domination du dollar plus l’abandon de l’indexation sur l’or et la création monétaire à partir de rien, a permis au capital américain de conserver sa suprématies sur le marché mondial. De même Jusqu’à la décolonisation et après, le capital a trouvé des débouchés pour s’investir dans la conservation ou la reconquête des marchés des pays sous développés ou en développement. La trilatérale, les G7, G20, malgré quelques dissensions vites gommées par la force ont poursuivi cette politique.

 

Dans le rapport de force, le "traitement social" des difficultés dans les "pays développés" a été la marque des « 30 Glorieuses » pourvoyeuses d'un réel progrès de la consommation, a pu procéder grâce à l’élévation de la productivité permise par le passage de la mécanisation à l’automation primaire, plaçant la collecte de la plus-value, du profit par la plus-value relative, celle qui permet d’augmenter la partie du travail non payée au salarié non par l’allongement de la journée de travail mais par l’intensification de cette productivité : c’est là la possibilité d’un « traitement social ».

 

Ce qui a changé par rapport aux 30 glorieuses, c’est la deuxième période d’automatisation dans le capitalisme monopoliste mondialisé numériquement informationnalisé (CMMNI), aux côtés de l'ancienne production mécanisée base de la collecte de plus-value. Les capacités productives explosent, et la production de capital de même, et se heurtent à l’incapacité de réinvestir la totalité du capital produit auxquelles s’ajoutent les limites d’un marché mondial « clos » ayant besoin de guerres locales et le développement des zones mondiales de développement dont la Chine, comme exemple de zone de développement mondial, un temps débouché à bas prix pour les capitaux devient un marché concurrentiel et une demande mondiale objective, mais non encore massivement subjective, d’une autre façon de produire et d’échanger exprimée par sa population et son gouvernement.

 

C’est la raison de la crise mondiale de production avec ses conséquences dramatiques sur la vie quotidienne

 

Le Président Hollande, et il n’est pas le seul, a choisi un « traitement social » de la crise. Mais il n’est plus possible, à la différence des 30 glorieuses et jusqu’aux derniers moments où le capital monopoliste trouvait encore des marges de manœuvre relativement « vivables » pour la société et les hommes, pour ses investissements, entre autre par le drainage de tous les capitaux vers lui, et en particulier le pillage des services publics, leurs privatisations et leur dégradation et conséquence sur l'explosion des inégalités sociales.

 

De social démocrate, le "traitement social" est devenu hyperlibéral, dont réduit à la portion congrue, toutes les activités humaines faisant l'objet d'achat et de vente, comme la force de travail, quel  que soient ses représentants politiques, avec leur hyper-présidentialisme et leur hyper-représentativité au service les monopoles mondiaux. On "choisit" le chef un point c'est tout, c'est-à-dire qu'on tue la démocratie limitée mais réelle qui était celle de la République. C'est l'adaptation des institutions locales, nationales, européennes et mondiales du pouvoir et de la gestion aux besoins d'accumulation de capital de ces monopoles mondiaux, du marché.

 

Toute politique n’abordant pas le remède à cette loi d’accumulation du capital et de suraccumulation durable et non plus conjecturelle, et ses conséquences qui est la crise de production des biens nécessaires à la vie et les retombées de cette crise de production sur notre vie quotidienne, fera faillite.

 

C’est bien la raison de l’appel de la ComEco à un programme d’un autre contenu développé sur le site d’Economie et Politique (1) et ici sur ce blog.

 

Le président Hollande, avec ses équipes, son parti, y compris ses « contestataires », faute de l’avoir compris et mis en pratique une politique répondant à cette nouvelle réalité , n’est victime que de cette crise qui se répercute sur la politique et les présidentielles et qui gagne le monde de plus en plus rapidement.

 

Je soumets cette analyse à votre appréciation, et devoir fait, je vais en paix….

 

La mondialisation n’est pas en cause, mais son caractère capitaliste.

 

L’activité humaine, et l’explosion des capacités productives, mondialisée peut devenir une expression supérieure des capacités globales de l’humanité, où le libre développement de chacun, de la personne, du local au global, et le libre développement de la société soient un même et unique phénomène de diversité, de multiplicité, de créativité, de qualité.

 

Le Président Hollande et tant d’autres auraient pu entamer le chemin sur cette longue et difficile voie, cette longue marche. Ils ne l’ont pas fait. C’est une erreur humaine à assumer...

 

Une des difficultés pour entamer cette voie est le choix des étapes du moment pour y accéder et poursuivre le chemin, l’expérimenter, le corriger…

 

L’étape du monde d’aujourd’hui est sans doute celle d’une réforme progressive et radicale du système bancaire et financier, du crédit, de la BCE, du FMI, de la création monétaire, des institutions européennes et la création de la sécurité de l’emploi et de la formation, dans le sens des besoins humains et leurs développements non définis étatiquement.

 

Cela demande mobilisations ouvrières et populaires, comme contre la loi-travail et la coordination européenne de ces mouvements et le renforcement des organisations syndicales et politiques allant dans ce sens

 

Pierre Assante, 2 décembre 2016

 

(1) Le lien : http://pierre.assante.over-blog.com/2016/11/choix-clair-document-de-travail-etabli-par-la-commission-economique-du-pcf.html

 

 

******

ET, Accéder, en cliquant ici ou sur le lien ci-dessous à :

30 TITRES sélectionnés de ce blog : Quelques essais, nouvelles, poèmes, articles de presse, de l'auteur de ce blog.... Cliquer sur leS titreS

*

Et : Tous les articles de ce blog en cliquant : ici

******

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de pierre.assante.over-blog.com
  • : Ce blog contient, sous la forme d'essais,de nouvelles, de poésies, une analyse des contradictions du mode de production, des devenirs possibles, en particulier en rapport avec l'activité humaine, le travail, l'ergologie
  • Contact

pierre.assante.over-blog.com

Recherche